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L’expérience muséale, un parcours enchanté intégré à la ville

Au monde clos du musée entièrement dévolu à la conservation et à la préservation des œuvres se substitue aujourd’hui un espace pluriel, polymorphe et communicationnel. Ouvert sur la ville, sur sa région, voire sur le monde, il s’impose dorénavant comme un signe architectural qui le consacre en tant qu’objet sculptural et lui donne une valeur monumentale où le sacré rivalise avec l’esprit de marketing et la laïcité, le permanent avec l’éphémère. Attraction touristique de premier ordre, le musée est devenu un équipement stratégique pour les collectivités qui voient en lui un produit d’appel. Sans s’étendre sur ce qu’il est maintenant convenu d’appeler « l’effet Bilbao », cette évolution pose la question de la nouvelle place du musée dans la ville quand le contact du bâtiment avec son public se resserre, par sa fonction de prolongement de l’espace public, mais également ses bouleversements internes et sa perméabilité à la vie urbaine.

D’une cité autocentrée à une cité plurielle

Dès lors, on est décidément bien loin du modèle monofonctionnel du XIXe siècle axé sur l’apprentissage des collections. En caricaturant, on est passé d’un temple de l’art à un supermarché de la culture pouvant aller jusqu’à se transformer en parc d’attractions. En effet, les musées qui, stricto sensu, ne seraient que le réceptacle d’objets exposés, n’existent plus. Aujourd’hui, ils s’apparentent à des multiplexes organisés en microcités, qui assimilent des fonctionnalités et des habitus urbains. Ces institutions dépassent leur mission initiale en se repositionnant comme des lieux de loisirs ouvertsà tous. L’exposition ne suffit plus et le bâtiment muséal est perçu comme une destination à part entière où passer du bon temps : convivial, c’est un lieu de détente, de connaissance et de réflexion, mais aussi d’enchantement. Amphithéâtres, salles de concert et de spectacle, de cinéma, mémoriaux, centres de recherche, bibliothèques ou restaurants comptent ainsi parmi leurs nouvelles attributions. Souvent accessibles en dehors des heures d’ouverture, ces activités annexes ont de grosses répercussions sur la programmation des espaces intérieurs. Au point que certains établissements fomentent une approche tenant du divertissement pur et du loisir de masse. C’est là que le danger guette, quand l’équilibre attendu entre le contenant et le contenu se rompt. De plus en plus,...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 242 du 18/05/2015
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