Architecture Technique Robotique

L’exosquelette, chaînon manquant du chantier de demain

Mots clés : Entreprise du BTP

Hercule, le projet de robot mobile de RB3D, a été testé avec succès par Colas. Qui juge l’investissement rentable.

Accompagner plutôt que remplacer. Et, surtout, préserver la santé humaine et prévenir les troubles musculo-squelettiques. Ces deux atouts de l’exosquelette intéressent les entreprises du BTP car de nombreuses interventions sur le chantier nécessiteraient une aide à la précision et à la force. L’exosquelette est un robot collaboratif – aussi appelé « cobot » – qui a la particularité d’être portable et mobile. C’est une machine que l’homme revêt pour l’assister dans des gestes répétitifs, fatigants. Son usage sur les chantiers pourrait vite devenir une réalité. Hercule V3, élaboré par RB3D, est le projet le plus avancé. Son successeur, Hercule V4, qui sortira début 2016, préfigurera la première présérie commerciale, prévue en 2017.

Réduction de la pénibilité.

C’est en septembre 2014 que la filiale suisse de Colas a réalisé les premiers tests pratiques chez des tireurs de râteau. En construction routière, ce métier est une spécialité clef pour la finition du revêtement. De la qualité de celle-ci dépend, en effet, l’acceptation du chantier par le donneur d’ordre. C’est une activité pénible, qui réclame un très bon coup d’œil, un savoir-faire et une grande résistance à la fatigue musculaire. Ce test a montré l’intérêt de l’exosquelette, qui réduit la pénibilité du travail et accroît la qualité du résultat. Des réglages ont affiné la mécanique de liaison du râteau pour que l’homme garde un contact direct avec l’outil. « Hercule reste une assistance qui accompagne le geste du professionnel, il ne peut et ne doit pas prendre sa place, plaide Serge Grygorowicz, fondateur et P-DG de RB3D. Le cerveau de l’homme ne peut être remplacé, il garde donc un rôle prépondérant. »

Pour autant, RB3D ne cherche pas à créer un exosquelette polyvalent. Trop complexe. « Il vaut mieux concevoir des machines spécialisées, souligne Serge Grygorowicz, qui répondent à des métiers précis ou à une famille de tâches, comme le port de charge, l’aide aux efforts horizontaux ou verticaux, le creusement à la pelle, à la pioche ou au marteau. » L’idée est de proposer une machine performante qui soulève jusqu’à 40-45 kg ou creuse rapidement le terrain sur quelques dizaines de centimètres de profondeur. Un chaînon manquant, intermédiaire pour réaliser les travaux où le travail humain est long mais où l’intervention d’une machine de chantier est disproportionnée. De nouveaux tests sont prévus avec un grand compte du bâtiment. Cette fois, il s’agit d’utiliser l’exosquelette dans le port, le chargement et le déchargement de matériaux.
Pour Colas, la productivité est au rendez-vous. Cette nouvelle technologie réclame aussi moins de formation que le maniement des machines de chantier. Enfin, l’investissement – 40 000 à 60 000 euros par exosquelette – serait rentable avec un retour sur investissement relativement rapide. Surtout, le prix de la version commerciale d’Hercule devrait baisser rapidement. Combiné à un casque connecté de type Oscar (lire « Le Moniteur Matériels » du 6 mars 2015, p. 53), Hercule pourrait donner naissance aux nouveaux héros du BTP.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X