Enjeux SPÉCIAL MARCHÉS PUBLICS

L’Etat peut mieux faire

Mots clés : Gestion et opérations immobilières

La Direction de l’immobilier de l’Etat, qui lutte contre l’émiettement, doit redoubler d’efforts, selon un rapport sénatorial.

Si jeune et déjà si perfectible. La Direction de l’immobilier de l’Etat (DIE), créée en septembre dernier, est au cœur d’un rapport publié fin mai par le sénateur Thierry Carcenac (PS) et l’ex-sénateur Michel Bouvard (LR) fin mai. Rappelons que cette direction est chargée du pilotage stratégique de près de 100 millions de m² détenus par l’Etat. Placée sous l’autorité de la Direction générale des finances publiques, elle conçoit la stratégie nationale du parc immobilier de l’Etat et veille à sa bonne mise en œuvre par les occupants qui conservent certaines compétences immobilières.

« La DIE est à la manœuvre pour tous les actes d’acquisition, de prise à bail ou de cession [une fois qu’un ministère a décidé de l’inutilité d’un bien, NDLR] », détaille Nathalie Morin, sa directrice. Mais, pour les sénateurs, la DIE pourrait être plus efficace si elle était l’« unique responsable des décisions de cession ». En matière de gestion, la DIE « travaille avec les directions immobilières des ministères et avec leurs relais locaux, qui conservent un certain nombre de prérogatives, comme le property management et le facility management », poursuit Nathalie Morin.

La direction pilote les acquisitions, cessions et prises à bail du parc immobilier de l’Etat.

Décloisonner 600 schémas directeurs. A moyen terme, la DIE veut mettre en place une stratégie de pilotage du parc. Cela passe par le décloisonnement de près de 600 schémas de stratégie immobilière réalisés par les opérateurs et l’administration centrale afin de donner une vision globale du patrimoine.

Chaque schéma doit être porté à la connaissance du préfet de région… qui devra créer un schéma directeur immobilier régional (Sdir). La phase de diagnostic des Sdir étant achevée, la DIE espère terminer la phase d’élaboration d’ici à la fin de l’année. « La stratégie doit être pensée en fonction du parc pour lutter contre l’émiettement et supprimer les locations lorsque c’est possible, dévoile la directrice de la DIE. Cela peut amener à installer au sein d’un même bâtiment plusieurs occupants, qui autrefois n’auraient pas songé à se parler. » Sur ce sujet, les sénateurs Bouvard et Carcenac préconisent de se concentrer sur les bureaux et les logements, car « ils forment le parc le plus homogène et donc le plus mutualisable ».

La DIE souhaite également professionnaliser la filière immobilière grâce à des recrutements internes et externes. Une décision qui ne peut être que saluée par les sénateurs. Dans leur rapport, ils regrettent que « seul un tiers des effectifs est effectivement dédié à la politique immobilière de l’Etat elle-même, le reste étant consacré aux fonctions d’évaluation domaniale, à la gestion des patrimoines privés et à la comptabilité spécialisée du domaine ».

Enfin, la DIE mène une réflexion sur les modes de valorisation innovants du parc. « Par exemple, il n’est pas question de céder le château de Villers-Cotterêts (Aisne) mais il est libre d’affectation. Nous avons lancé un appel à idées pour associer des acteurs du monde de la culture, du tourisme et de l’économie, afin de développer des activités économiques et de rouvrir ce bien au public dans de bonnes conditions », souligne la directrice. En 2016, la DIE a tout de même acté la cession de 530 millions d’euros de biens. Et pour 2017, elle table sur 500 millions d’euros.

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ENCADRE

100 millions de m²

100 millions de m², plus de 220 000 implantations gérées.

10 Mds € : montant de la dépense immobilière annuelle, opérateurs de l’Etat compris.

76 M€ d’économies réalisées en 2016 grâce à l’optimisation des baux.

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