Architecture Ces élus du BTP

L’Etat et le tous corps d’état

Mots clés : Entreprise du BTP - PME

Dirigeante d’une PME mais aussi élue municipale et départementale, Delphine Grémy défend la légitimité des entrepreneurs à s’engager en politique.

Une boulimique de travail. Ainsi se définit elle-même Delphine Grémy, la dirigeante de Grémy Construction. Devenue chef d’entreprise à l’âge de 24 ans, à l’occasion d’une transmission par alliance, elle a aujourd’hui la quarantaine hyperactive. Mère de cinq enfants, le plus jeune n’ayant que quatre ans, l’ingénieure en génie civil est aussi adjointe au maire de Collemiers, le village de 600 habitants dans l’Yonne où est implantée son entreprise et, depuis 2015, conseillère départementale (LR) du canton de Gâtinais en Bourgogne.

Le récent abandon, après trois mandats, de la présidence de la fédération départementale du BTP, aurait pu éclaircir son emploi du temps. Mais Delphine Grémy le remplit déjà en montant un nouveau projet : un mouvement de citoyens, dans la perspective de la prochaine législature. En juin dernier, elle se serait d’ailleurs bien vue faire son entrée à l’Assemblée nationale… Mais le succès n’a pas été au rendez-vous. Alors, elle tentera à nouveau sa chance dans cinq ans. Sa candidature n’était là encore attachée à aucune étiquette.

Liberté de parole. Delphine Grémy s’est fait porte-parole de la société civile, convaincue que celle-ci doit prendre le pas sur les professionnels de la politique. « Pour que les compétences l’emportent sur les enjeux politiques », dit-elle avec une liberté de parole que tous ceux qui la connaissent confirment et une liberté d’action que les faits ne démentent pas : au conseil départemental de l’Yonne, bien qu’elle siège dans la majorité du président Les Républicains, elle a voté contre le budget 2017, qu’elle a jugé sans ambition. Delphine Grémy est persuadée que les qualités de management d’un(e) chef d’entreprise sont un plus dans le monde des élus, mais elle a souhaité déconnecter ses deux activités.

Au département, elle siège dans deux commissions, le social et le numérique-haut débit, qui n’ont pas tissé les liens les plus forts avec le BTP. Sa position sur les marchés publics se veut claire : s’abstenir de répondre aux appels d’offres de sa commune et du conseil départemental. Ce qui ne handicape guère son entreprise ; elle réalise 90 % de son chiffre d’affaires de 1,8 million d’euros auprès d’une clientèle de particuliers en tous corps d’état (maçonnerie, charpente, couverture et second œuvre, à l’exception des réseaux, de l’électricité, de la plomberie et du chauffage).

Discipline horaire. Pour mener de front sa vie professionnelle et son engagement politique, la chef d’entreprise fait des choix. Elle ne participe pas à toutes les réunions d’élus : « Beaucoup sont inefficaces. » Elle n’a pas de loisirs, en dehors du temps passé en famille. Et elle s’oblige à une discipline horaire stricte. Tous les matins à 7 heures et demie, elle est avec ses équipes avant leur départ sur les chantiers. Delphine Grémy les a rendues autonomes en leur donnant un pouvoir de décision et s’est adjoint un bras droit, son métreur. Sans compter, précise-t-elle, « qu’aujourd’hui, avec les moyens de communication, il est facile de régler les urgences à distance ». Question d’organisation…

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ENCADRE

Son parcours politique

1996 : maîtrise de génie civil, Institut supérieur franco-allemand de techniques, d’économie et de sciences, université de Metz.

1999 : gérante de la SARL Grémy Marc.

2008 : élue présidente de la fédération départementale du BTP de l’Yonne.

2014 : devient adjointe au maire de Collemiers (Yonne).

2015 : est élue conseillère départementale de l’Yonne.

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