Régions Midi-Pyrénées

« L’état des réseaux nous inquiète »

Le délégué régional fait le point sur l’état de santé des canalisateurs de Midi-Pyrénées réunis en assemblée générale le 21 février à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Lors de votre assemblée générale, vous avez organisé une table ronde sur la qualité du service de l’eau. Pourquoi ?

Nous avons constaté une baisse des investissements de l’ordre de 45 % depuis 2007 dans les réseaux d’eau potable et d’assainissement. Cela s’explique par la crise financière et la cure d’amaigrissement des collectivités qui économisent sur les investissements et non pas sur le fonctionnement. C’est grave car cela met en péril le patrimoine. D’après l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, en 2012, le taux de renouvellement moyen des réseaux était de 0,38 % en Midi-Pyrénées contre 0,61 % au niveau national. Le Grenelle 2 a imposé de faire un état du patrimoine avant 2013. Moins de 15 % des collectivités auraient rempli leur obligation d’inventaire.
Si on veut maintenir a minima le réseau, il faut réfléchir au prix de l’eau. Nous ne voulons pas que son poids dépasse les 1 % dans le budget des ménages. Notre rôle consiste à tirer la sonnette d’alarme. « Les réseaux d’eau ne se voient pas. On les oublie », a rappelé à la table ronde Emmanuel Poilane de France Libertés.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Nous comptons sur l’Observatoire régional de la qualité de service des infrastructures. Né en juin 2013 dans notre région, il mène un travail d’inventaire, des réseaux d’eau potable et d’assainissement notamment. En France, on perd 1 litre sur 4 dans la distribution. Quelle que soit la façon de gérer l’eau, les réseaux ont une durée de vie de 50 à 70 ans. La plupart l’ont dépassé.

Quel est l’état de santé de la profession en Midi-Pyrénées ?

Dans notre région, l’état de santé des 88 entreprises, qui représentent 2 320 emplois, est mauvais. Les carnets de commandes sont au plus bas, un à deux mois, mais souvent moins. Nous ne remplaçons plus les départs, et enregistrons une baisse moyenne des effectifs de plus de 12 %. Certaines entreprises ont dû licencier. Cette baisse impacte les politiques de formation, notamment des jeunes, et les efforts en matière sociale de nos entreprises.

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