Management et prévention Formation

« L’ESTP s’installera à Cachan à la rentrée 2011 »

Après 20 ans de carrière dans le BTP, Florence Darmon a pris les rênes de l’Ecole spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP). Depuis deux ans, cette ingénieure X-Ponts a fait évoluer l’école vers la recherche, la formation continue et prépare son regroupement sur le site de Cachan.

Vous avez pris la direction de l’ESTP il y a deux ans. Quel regard aviez-vous sur l’école ?

A mon arrivée, j’ai été frappée de constater que l’ESTP était un établissement quasi exclusivement tourné vers la formation initiale. Ces dernières années, Serge Eyrolles, mon prédécesseur et petit-fils du fondateur de l’école, avait beaucoup œuvré en ce sens. La mise en place du nouveau concours commun et le rattachement à l’Ecole nationale supérieure d’Arts et métiers ont permis à l’ESTP de se positionner dans le paysage des grandes écoles d’ingénieurs. Mon souhait était d’ouvrir l’école vers d’autres champs.

Le marché de l’emploi s’est contracté. Comment se placent vos jeunes diplômés ?

Toujours aussi bien. Nous diplômons 700 jeunes par an (ingénieurs, licences professionnelles et bac 2) et 90 % d’entre eux trouvent un emploi dans les deux mois qui suivent la fin de leurs études. Toutefois, nous avons fait passer certains messages auprès de nos étudiants. Nous leur avons conseillé d’être plus humbles et de savoir s’adapter aux contraintes du marché.

Quelles ont été vos premières décisions pour l’ESTP ?

L’une de mes premières actions a été d’embaucher un directeur de la recherche et de créer un conseil scientifique, composé d’une quinzaine de personnalités extérieures. Ce conseil scientifique a pour rôle de valider les orientations prises dans le domaine de la recherche comme la création, fin 2009, de l’Institut de recherche en constructibilité (IRC). L’IRC fédère l’ensemble des travaux de recherche de l’école dans les domaines de la réhabilitation, de l’urbanisme et de l’environnement, de l’analyse des risques… Il accueille une quinzaine de doctorants. Nous visons un objectif de 20 à 25 ingénieurs diplômés poursuivant leurs études vers la recherche d’ici à cinq ans.
Parallèlement, nous avons monté deux chaires d’enseignement-recherche, l’une en aménagement et construction durables et l’autre dans le domaine du génie civil nucléaire. Depuis l’an dernier elles font partie des options offertes à nos étudiants de dernière année. Nous irons plus loin cette année, en proposant aux étudiants de poursuivre leurs études en s’orientant vers des travaux de recherche, au travers de conventions industrielles de formation par la recherche (Cifre) par exemple.

Allez-vous poursuivre l’ouverture internationale de l’école ?

Oui, en renforçant nos partenariats existants. Nous avons 63 partenariats actifs avec des écoles et des universités étrangères. Plus d’une centaine de nos élèves partent ainsi entre un semestre et deux ans à l’étranger. Nous allons travailler avec ces partenaires pour élargir le spectre des champs disciplinaires, mettre en place des cotutelles de thèses et développer les échanges de professeurs invités.

Quels sont vos projets dans le domaine de la formation continue ?

L’objectif poursuivi est de doubler le chiffre d’affaires du département formation continue dans les cinq ans à venir, en montant des programmes sur mesure. Dans ce cadre, nous ouvrons, en partenariat avec l’association des utilisateurs de la Défense, un mastère spécialisé en management de l’immobilier tertiaire, tourné vers les immeubles de grande hauteur.
Cette formation en alternance sera suivie par une douzaine de stagiaires, pour la plupart collaborateurs des entreprises membres de l’association.

Historiquement implantée au cœur du quartier latin, l’ESTP prépare son regroupement à Cachan. Pourquoi ?

Lorsque je suis arrivée à la tête de l’école, une partie des activités de l’école – les travaux pratiques, le sport – et les logements étudiants se trouvaient déjà sur le campus de Cachan. A ce moment-là, 10 hectares du campus étaient à vendre. J’ai saisi cette opportunité qui nous permet de créer une unité de lieu, aux portes de Paris, et de proposer à nos 2 500 étudiants de nouveaux bâtiments (deux grands amphis de 250 places) et des laboratoires rénovés.

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