Architecture Technique Routes

L’entretien à l’épreuve du temps

Mots clés : Réseau routier

Le contexte actuel favorise l’émergence de techniques faciles à mettre en œuvre et économiques. Des solutions durables ?

Plus qu’une photographie instantanée, c’est peut-être une tendance que révèle le classement publié par le Forum économique mondial dans son rapport annuel 2014-2015 sur la « compétitivité globale » concernant la qualité des routes mondiales. Après avoir occupé, bon an mal an, les deux premières places jusqu’à l’année dernière, la France rétrograde à la 4e position (sur un panel de 144 pays). Surprise : ce sont les Emirats Arabes Unis qui occupent désormais la pole position, devant le Portugal et l’Autriche. « En France, sans parler des autoroutes concédées, la qualité du réseau routier est hétérogène. Les gestionnaires publics n’ont pas tous la même politique d’entretien. Or, s’il n’y a pas d’harmonisation, et surtout si l’argent continue de manquer, il y a un risque réel de voir apparaître un réseau à deux vitesses. Il faut absolument que les collectivités locales y apportent une attention particulière », indique Christine Leroy, directrice des affaires techniques à l’Union des syndicats de l’industrie routière française (Usirf).

Des enduits encore réservés aux routes à faible trafic.

Des techniques d’entretien peu chères et rapides à mettre en œuvre existent. En février dernier, l’Usirf a édité un guide pratique à destination des acteurs de terrain, intitulé « Routes et rues : l’urgence. Rénover, entretenir ». Les procédés (pontage, point à temps automatique, enduit superficiel d’usure, matériaux bitumineux coulés à froid, etc.) y sont classés par coût et rapidité d’exécution. « Les maîtres d’ouvrage doivent mettre en œuvre la bonne technique au bon moment. De ce point de vue, les enduits superficiels (ES) restent la meilleure solution lorsque les premières dégradations apparaissent », rappelle Christine Leroy. Une solution aujourd’hui conseillée par les experts et prisée des élus communaux et départementaux. Sa principale limite réside toutefois dans son application aux seules routes à faible trafic. « Des recherches et des chantiers expérimentaux sont en cours avec des émulsions “fortifiées”, ce qui permettrait l’application des ES sur des chaussées à fort trafic », annonce Christine Leroy. D’autres techniques écologiquement vertueuses, mais nécessitant des opérations plus lourdes, tirent également leur épingle du jeu, à l’instar du recyclage – en place ou non – de la chaussée.

Economique et technique, l’entretien des routes est aussi une affaire politique. Face aux contraintes qui pèsent sur eux, les départements et les communes pourraient à terme déclasser une partie de leur réseau, voire l’abandonner. Et si, pour trancher ce nœud gordien, les voies les moins fréquentées redevenaient de simples chemins de terre ?

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