Enjeux 4/7

L’entrepreneur de TP pousse le contre-ut.

Mots clés : Manifestations culturelles - PME - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples - Travaux publics

Patron de Parenge, une PME des Hauts-de-Seine, Jean-Marc Médio prend des cours de chant lyrique depuis dix ans et affiche un goût prononcé pour l’interprétation d’opéras italiens.

Le jeudi soir, inutile de chercher à joindre Jean-Marc Médio. Toutes les semaines, depuis dix ans, le président de Parenge – PME francilienne spécialisée dans les travaux publics en site urbain contraint – se rend à son cours de chant lyrique. La classe est dirigée par Gérard Quenez, ancien ténor à l’orchestre de Radio France, accompagné de la pianiste japonaise, Moyuru Maeda. « Le plus souvent, j’arrive fatigué en me disant que jamais je n’arriverai à sortir un son. Mais cette discipline demande une telle concentration pour lire la partition, écouter le piano, maîtriser sa respiration, qu’au bout d’une heure, je me sens aussi reposé qu’après une bonne nuit de sommeil », confie-t-il.

D’origine italienne, Jean-Marc Médio a toujours entendu chanter dans sa famille. Jeune, son père était choriste à l’opéra de Constantine et son oncle, après une carrière de baryton, a dirigé les opéras de Nîmes et Besançon avant de devenir impresario. Ténor, le patron de Parenge aime interpréter les airs des opéras de Puccini (son compositeur préféré), Verdi, Donizetti… qu’il connaît depuis l’enfance. En revanche, Mozart ne figure pas dans son répertoire car il avoue ne pas réussir à chanter l’allemand. Et s’il se plaît à tenir le rôle de Cavaradossi, l’amant de Tosca, il s’amuse aussi beaucoup, à 67 ans, à incarner Roméo dans l’opéra de Gounod.

Des partitions dans le cartable.

Jean-Marc Médio pratique son art avec beaucoup de sérieux, malgré un agenda très chargé : entrepreneur la semaine, il devient aussi viticulteur dans les Côtes-de-Bourg le week-end, où il possède un domaine de 13 ha, le Château Puy Descazeau. Des partitions toujours glissées dans son cartable, il profite des embouteillages parisiens pour travailler son contre-ut, « l’Everest, le Cap-Horn du ténor », qu’il reconnaît « ne pas maîtriser en toutes circonstances ».

Si chanter lui procure beaucoup de plaisir, organiser des soirées musicales privées avec les autres élèves de son cours lui en donne tout autant. « Les jeunes chanteurs rencontrent beaucoup de difficultés à devenir professionnels, déplore-t-il. Avec ces représentations, je leur assure une rémunération correcte et, en contrepartie, ils me laissent une petite place parmi eux. » Depuis quelques mois, Jean-Marc Médio s’est attelé à l’écriture d’un spectacle qui évoquera le meurtre dans l’opéra italien tout en réfléchissant au prochain qu’il aimerait créer sur le thème des adieux. Son rêve serait de devenir propriétaire d’une petite salle pour produire les talents prometteurs qu’il côtoie régulièrement. Il marcherait alors sur les traces de son oncle, entamant une nouvelle carrière dans l’art lyrique, après celle menée dans les travaux publics.

La semaine prochaine, le portrait de Michel Pétuaud-Létang, architecte, peintre et écrivain

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