Territoires Aménagement

« L’élargissement se fera pas à pas »

Mots clés : Artisanat - Etat et collectivités locales

Questions à André Rossinot, président (UDI) de la Métropole du Grand Nancy

Grand artisan de la transformation de la communauté urbaine en métropole, le président de l’intercommunalité et ancien maire de Nancy plaide pour une montée en puissance sur la base du pragmatisme et d’une « approche nouvelle » d’alliances territoriales et de réseaux.

La culture de l’intercommunalité du Grand Nancy est déjà très forte… Que peut lui apporter de plus la métropole ?

Je rappelle d’abord que le Grand Nancy a été qualifié comme métropole sans passe-droit ni dérogation, grâce à un dossier solide [sa population se limite à 255 000 habitants mais sa zone d’emploi dépasse le seuil des 400 000 habitants fixé par la loi, NDLR]. Devenir la deuxième métropole du Grand Est nous oblige à l’échelle de ce territoire-là. Nous devons aussi monter en puissance à l’échelle nationale et peser à l’échelle européenne, eu égard à notre position transfrontalière. Nous créons d’ailleurs une commission pour les relations internationales et européennes. En somme, nous élargissons notre champ de vision et d’action. Pour bien le cultiver, je défends une nouvelle approche, qui sache transcender ces périmètres administratifs historiques trop ignorants de la place de l’intercommunalité, autour des notions fortes d’alliance de territoires, d’intelligence collective, de fonctionnement en réseaux et en mode projet.
La dynamique est enclenchée par le Pôle métropolitain du Sillon lorrain que nous formons avec Metz, Epinal et Thionville : c’est un outil souple, propice au portage de projets, comme le dossier lorrain de la French Tech qui a été couronné de succès cette année. Le pôle engage sa coopération avec ses homologues en Alsace et en Champagne-Ardenne. Mais la relation entre territoires doit devenir multiforme, sans tout attendre de l’institutionnel. Par exemple, Chaumont abrite un centre de haut niveau sur les affiches et le graphisme qui a tout lieu de se rapprocher d’Artem à Nancy.

Ceci étant, il faut bien définir un périmètre physique. Le Grand Nancy peut-il en rester à 20 communes ?

Nous avons choisi de ne pas changer de périmètre afin de ne pas retarder le processus de candidature à la métropole. Mais l’élargissement viendra, il se fera pas à pas, sans contrainte de calendrier, ni scénario écrit d’avance. Nous allons commencer par créer le Pôle métropolitain du Sud Meurthe-et-Moselle, sur le territoire du Scot éponyme, comme entité périurbaine complémentaire du pôle interurbain du Sillon lorrain. Il pourra traiter de développement économique, de tourisme, de mobilité-transports, domaine dans lequel il constitue l’échelle pertinente : 80 000 personnes quittent chaque soir le Grand Nancy pour rentrer chez elles ; or l’accès aux grandes agglomérations représente à mes yeux un enjeu fort de solidarité des territoires.

En quoi consistera le projet métropolitain à rédiger ?

On l’appelle « projet », je préfère employer le mot de « stratégie » afin de souligner le palier à franchir par rapport au projet d’agglomération précédent, le fait que nous sommes au point de départ d’une ambition nouvelle. Nous lui avons confié l’objectif de faire du Grand Nancy une métropole entreprenante-innovante-compétitive, durable et solidaire. Pour qu’il soit collectif et partagé, il nous faudra réunir au mieux les mondes des collectivités, de l’économie et de l’université-recherche, en allant chercher toutes les pépites cachées, toutes les intelligences. Nous comptons 120 professeurs émérites d’université, voilà des personnes qui ont sans doute plein de choses à nous dire et à nous transmettre ! Nous démarrons la consultation cet automne et nous nous donnons un an pour l’adoption, ce qui nous mettra en cohérence avec le calendrier des schémas régionaux, d’aménagement du territoire et de développement économique.

Cette nouvelle métropole n’a pas de points faibles ?

Si. Je pense aux liaisons ferroviaires. Nous manquons d’une ouverture vers le Sud, nous ne pouvons nous satisfaire de passer par Strasbourg pour se rendre à Lyon. A l’échelle européenne, j’observe aussi la notion d’eurocorridors monter en puissance ; il ne faudra pas que nous passions à côté d’eux.

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