Autres LUMIÈRE

L’éclairage intelligent peut mieux faire

Mots clés : Conservation du patrimoine - Démarche environnementale - Eclairage urbain

La réduction des consommations énergétiques ne résoud pas tous les problèmes environnementaux posés par l’éclairage public : la frénésie consumériste et l’impact sur le vivant s’imposent dans le débat, après l’entrée du paysage nocturne dans le patrimoine commun de la nation, à la faveur de la loi biodiversité.

En ré novation et en neuf, deux commandes publiques majeures, décrochées par Comatelec Schréder, illustrent le double défi posé aux industriels et aux concepteurs actifs dans l’éclairage : réduire les pollutions nocturnes et affirmer l’identité d’un lieu. À Paris, le plan climat a motivé un marché de 10 000 nouveaux luminaires, exécuté entre 2015 et 2017. La réduction des consommations moyennes dépasse le facteur trois, avec une puissance de 51 W par source, au lieu de 170. « Jamais nous n’avions eu à répondre à des exigences aussi fortes que dans le cahier des charges de ce marché », témoigne Gilles Pierret, directeur des fonctions support de l’industriel basé en Belgique. Les caps franchis à l’occasion de la commande parisienne concernent le nombre de leds par source – 96 au lieu de 48 – et la couleur : outre la diminution de sa température à 2 200 ou 2 700 K (kelvins) pour le blanc, la réduction de la part du bleu vise à attirer le moins possible la faune nocturne. Ces efforts déclenchés par le marché parisien s’ajoutent à la mutation technologique en cours depuis le début des années 2010 dans deux domaines : réduction de la quantité de lumière émise au-dessus de l’horizon autour de 5 % au lieu de 20 %, suppression des impacts intrusifs grâce à l’option Backlight qui coupe la lumière arrière. Sur le plateau de Saclay, Comatelec Schréder a fait la différence par le design : une planche d’essai, sur une petite échelle, a guidé les orientations de la collectivité et du concepteur lumière Pierre Narboni, partie prenante de l’équipe de maîtrise d’œuvre de Michel Desvigne. Inspiré par le designer Michel Tortel, le modèle Piano s’est imposé, parmi les marqueurs de l’identité du plateau, pour les deux premières zones d’aménagement concerté et pour le transport en commun en site propre qui reliera Massy à Saclay.

Nouveaux acteurs

« Très présent dans l’espace, ce luminaire en colonne peut se composer de plusieurs modules et se déployer jusqu’à 9,50 m de haut », précise Daniel Mallet, éclairagiste en charge de cette affaire. Les marchés phares d’Île-de-France n’épuisent pas le gisement d’innovation exploité par Comatelec Schréder pour tenir sa place de deuxième ex æquo sur le marché français de l’éclairage extérieur, avec un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros et une usine dans l’Oise : depuis moins d’un an, l’industriel propose une offre intégrant l’énergie solaire, ainsi que des applications de gestion et de contrôle accessibles sur l’internet, à travers le cloud . L’éclairage connecté et les leds amènent de nouveaux acteurs sur le marché, parmi lesquels le groupe familial français Lacroix, qui se définit comme leader français des équipements de voirie intelligents et des équipements de télécontrôle et de télégestion pour l’eau et l’énergie, avec un chiffre d’affaires de 430 millions d’euros. Fin 2016, cet industriel de la région nantaise a créé SensyCity, qui produit des détecteurs aux Chères, au nord de Lyon. Outre l’économie d’énergie suscitée par la détection de présence et le paramétrage à distance des...

Vous lisez un article de la revue Paysage n° 401 du 13/07/2017
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