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L’arrivée de Bofill en France : la version de Paul Chemetov, témoin direct

Le dernier numéro d’AMC, sur une double page (n° 248, février 2016, p. 18-19), fait le récit de l’arrivée de Ricardo Bofill en France. Je suis cité par l’auteur, Jean-Louis Violeau, comme la caution « flamboyante » de cette irruption sur la scène architecturale, médiatique et technocratique française.

Celui-ci n’a pas été le témoin direct de ces aventures, qui se déroulent de 1968 à 1974. Il pourrait en être l’historien : croiser les sources et les vérifier. Or il se réfère au seul Jean-Eudes Roullier, personnage central des villes nouvelles, certes, mais dont l’interview par Sabine Effosse date de 2002, trente ans après les faits. Témoin direct, -j’aimerais tirer la morale de cette fable.

Les villes nouvelles furent pensées comme un moyen de se libérer du pouvoir des maires de banlieue et des complexités du périurbain, pour se projeter sur les terres agricoles de communes sans grand poids politique. Grâce à Paul Delouvrier et sa petite équipe, inspecteurs des finances, énarques ou X-Ponts, portés par le formidable essor des Trente Glorieuses, l’investissement dans les villes nouvelles a dépassé, et de beaucoup, ce qu’il est aujourd’hui prévu de dépenser pour les métropoles françaises, même en y incluant le rand Paris. C’est cela que Bofill a immédiatement saisi en France et c’est pourquoi il a séduit ceux qui ne demandaient qu’à l’être.

Jean-Louis Violeau est sociologue, reconnu par ses pairs. Ce qui aurait dû le frapper à la lecture des interviews de Sabine Effosse, c’est le besoin de mécénat de tout pouvoir, pour se gratifier de ce qu’il ne maîtrise pas, de ce qui lui échappe, sauf à en provoquer la commande. Bofill en son temps répondit à ce manque, comme les...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 249 du 14/03/2016
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