Enjeux

L’architecture en Europe, un marché pas si commun

Mots clés : Architecture - Situation économique

Une radioscopie du secteur met en lumière une situation économique contrastée.

« Le marché de l’architecture montre de nombreux signes de reprise, et les perspectives pour la profession sont positives », se réjouit Luciano Lazzari, président du Conseil des architectes d’Europe (CAE), en introduction de l’étude du secteur publiée à la fin janvier. Réalisée tous les deux ans depuis 2008, cette étude rassemble et compare des données statistiques, sociologiques et économiques récoltées dans les 28 pays de l’Union européenne, auxquels s’ajoutent la Norvège, la Serbie, la Suisse et la Turquie. L’analyse des 27 278 réponses au questionnaire 2016 a été effectuée par le cabinet britannique Mirza & Nacey Research.

2016, tous unis dans la reprise. Premier élément positif : le montant total des revenus des agences d’architecture augmente. Tous pays confondus, il est estimé à 15,6 milliards d’euros. Ce chiffre confirme une tendance à la hausse depuis 2012. Mais il reste encore loin du niveau d’avant la crise économique de 2008, supérieur à 20 milliards d’euros. Autre hausse, celle du tarif horaire moyen, établi à 57 euros. Il progresse de 8 %, du jamais vu depuis le début de l’enquête du CAE. Le nombre d’architectes croît de manière constante et frôle la barre des 600 000 praticiens. En revanche, le nombre d’agences décroît à 158 300. Les professionnels travaillent moins en indépendants, mais davantage en agence.

Cette situation semble bénéfique puisque leur rémunération moyenne grimpe ainsi à 32 068 euros par an (+ 10 %) depuis 2014.

2017, la désunion du Royaume-Uni. Côté carnet de commandes, le logement demeure le programme majeur des maîtres d’œuvre européens. Il occupe 50 % des 30 000 architectes français, mais plus de 60 % de leurs confrères espagnols, belges et bri-tanniques. Effet Brexit ou pas ? Outre-Manche, les architectes se déclarent pessimistes pour l’année 2017, alors qu’ils sont les leaders du marché de la construction en 2016. Ainsi, 32 % d’entre eux estiment que leur charge de travail va baisser au cours des prochains mois. A l’inverse, les Irlandais affichent leur optimisme. Ils sont 65 % à envisager une telle hausse. « Les tendances en moyenne positives au niveau européen ne doivent pas masquer le fait que la situation n’est pas la même dans toute l’Europe, souligne Luciano Lazzari. Les informations de l’étude sont d’une importance vitale pour les professionnels qui cherchent à travailler en dehors de leurs frontières. » Exemple avec l’Italie, qui envisage des perspectives économiques plutôt négatives (33 %). Pourtant, le pays est le mieux doté en architectes (2,6 pour 1 000 habitants), il figure sur le podium des revenus d’agences les plus élevés (1,8 milliard d’euros) et il est champion de la rénovation des bâtiments (70 % de l’activité). A l’extrême est du continent européen, la Turquie est plus positive (41 %). Il faut dire que 57 % de la population d’architectes y est âgée de moins de 35 ans, les revenus des agences dépassent le milliard d’euros et 70 % de l’activité concerne les bâtiments neufs. Quid de la France ? Deuxième sur le marché de la construction (production estimée à 282 milliards d’euros) et cinquième sur celui de l’architecture (revenus estimés à 984 millions d’euros), le pays opte à 43 % pour le statu quo en 2017, année d’élections présidentielle et législatives.

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