Architecture Technique Equipement

L’architecture au berceau

Mots clés : Architecture - Enfance et famille - ERP sans hébergement

Dans la crèche Saperlipopette de Vénissieux, l’architecte manie, avec austérité, lumière, toit-terrasse et jardin intérieur.

Après sa démolition-reconstruction exigée en raison de son inadéquation en termes de capacité, de fonctionnalité, mais aussi de sécurité et d’accessibilité, la crèche Saperlipopette, située à Vénissieux (Rhône), vit une seconde naissance. Un temps envisagée, une rénovation-extension n’aurait permis d’accueillir que 15 berceaux, contre 24 désormais. Sur cette parcelle en lanière, elle se serait révélée extrêmement complexe vu la superposition des règles : emprise au sol, densité, hauteur, vue, mitoyenneté, évacuation, etc. En reconstruisant à neuf, Jean-Louis Bouchard retourne à son avantage le handicap de l’étirement de la parcelle : derrière le mur de clôture sur rue, il fait précéder le bâtiment d’un petit jardin simplement engazonné, qui lui apporte un sas et une respiration bienvenue en cette première couronne de l’agglomération lyonnaise. Sans que ledit bâtiment dépasse, pour autant, la hauteur à R + 1 caractéristique de l’environnement de maisons de ville.

Reculée en fond de parcelle, la construction occupe les 10 m de largeur disponibles entre mitoyens. Elle peut ainsi se développer sur 300 m2, soit presque le triple de la crèche précédente. Le rez-de-chaussée s’organise autour d’un vaste espace regroupant l’accueil, les zones de change, de motricité, de jeux et de sociabilité, que séparent des clôtures mobiles ou cloisons coulissantes. De part et d’autre se répartissent les trois dortoirs – un par âge -, bureau de la directrice, locaux techniques, cuisine, salle de repas et de réunion pour le personnel. L’étage comprend deux espaces d’activités ou de psychomotricité pour les enfants qui marchent déjà, et des lieux de service.

Activités sur le toit-terrasse.

Surface et hauteur donnent à l’équipement un gabarit comparable à celui du tissu de maisons voisines. La crèche gagne néanmoins 76 m2 supplémentaires grâce au toit-terrasse la couvrant aux deux tiers, qui peut accueillir jeux d’eau, ateliers de peinture ou de découverte, et même jardinage en pleine terre. L’architecte s’y montre espiègle tel un enfant. Il varie les sols – gazon ou revêtement synthétique souple -, ainsi que les niveaux : une partie est surélevée comme un podium ou un poste d’observation. Et donne des lignes capricieuses aux garde-corps d’acier galvanisé.

A l’arrière, la toiture consiste en une verrière zénithale inclinée face au soleil du matin, orientation idéale contre la surchauffe. Une correspondance s’établit, ainsi, avec les pentes des toits alentour. L’architecte voulait que l’aspect de la crèche, en plus de son gabarit, évoque le bâti environnant pour ne pas donner l’image d’une institution, mais celle d’un « outil social au service d’un quartier et de ses familles ». Béton brut, dehors comme dedans, et, côté rue, le muret de clôture ajouré plus une cabane en bois en guise de local poubelles : l’architecture garde toute sa fraîcheur.

Lumière égale pour tous.

Bâtie en limite de propriété sur trois côtés, la crèche ne pouvait recevoir de lumière naturelle que par des ouvertures côté jardin et des verrières zénithales. Logiquement, ces dernières prennent place sur deux des côtés aveugles, celle qui regarde l’est étant disposée dans la largeur du bâtiment, l’autre dans sa longueur, et filant le long d’un mur pour que celui-ci réfléchisse la lumière. La première étant au R + 1, au-dessus d’un escalier à la cage très ouverte, et la seconde se trouvant sur une partie en simple rez-de-chaussée, c’est tout le volume de la crèche que berce une lumière également répartie. Simplement efficace.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : association Crèche Saperlipopette. Maîtrise d’œuvre : Jean-Louis Bouchard, architecte ; Louise Cunin, assistante. BET : Ingénierie Construction (structure) ; Jean-François Beauvoir (fluides). Entreprises : TSTeixeira (gros œuvre) ; Solosec (étanchéité toit-terrasse et toit-jardin) ; ASF Toitures (couverture zinc) ; Blanchet (verrières). Surface : 300 m2 SU. Travaux : 465 000 euros HT (dont mobilier fixe).

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