Architecture Equipement scolaire

L’alliance de la brique et du végétal

Mots clés : Education - ERP sans hébergement - Produits et matériaux

Pour la nouvelle école primaire du Lycée français de Lomé, au Togo, les ressources locales ont été privilégiées.

Quinze classes élémentaires et sept maternelles (635 élèves au total) : c’est un pan essentiel du Lycée français qui a été inauguré fin octobre à Lomé. Cette section d’enseignement primaire renforce l’investissement pédagogique et culturel de l’Hexagone au cœur de la capitale togolaise : les bâtiments partagent un même site avec l’Institut français ; les classes de la 6e à la terminale occupent un site proche. L’architecte bordelais Thomas Hus, qui livra en 2014

les locaux de l’Institut français, était d’ailleurs un des concepteurs en compétition du concours pour cette nouvelle école, lancé par l’Association des parents d’élèves du Lycée français. C’est finalement l’agence lyonnaise Segond-Guyon qui a remporté le concours, associée comme l’exigeait le règlement à une agence locale, GE Architects & Partners en l’occurrence. L’association de parents a apporté le terrain de 12 000 m2 , ainsi que le financement, aidée en cela par des subventions de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), opérateur du ministère des Affaires étrangères.

Régulateurs thermiques. Rompus à la construction en Afrique de l’Ouest – les deux architectes ont construit le Lycée français de Nouakchott (Mauritanie) et remporté la restauration du Palais des gouverneurs à Lomé -, Guillaume Segond et Claude Guyon n’ont pas voulu brusquer le site, composé de quelques modestes pavillons et d’un riche patrimoine arboré. Pour tourner le dos à son enceinte austère, ils ont disposé leurs deux constructions chacune autour d’une cour, vers laquelle est tournée la façade principale. Les deux quadrilatères ainsi formés, l’un pour les classes élémentaires, l’autre pour les maternelles, partagent un côté commun qui peut accueillir l’un ou l’autre des niveaux d’enseignement. Donnant aux deux cours de récréation leur intimité, ils se fragmentent en pavillons successifs, correspondant aux diverses fonctions (salles de classe, administration, bibliothèque, etc. ). Pareil fractionnement transforme la brise océane en de rafraîchissants courants d’air, et les arbres conservés dans les cours apportent leur ombrage.

Pour compléter le dispositif, les architectes ont mis en œuvre des surtoitures métalliques inclinées laissant un mètre pour la circulation de l’air, et débordant de part et d’autre sur 1,80 m. Ces débords sont relayés, pour ceux des pavillons qui se coiffent d’un R + 1, par une ligne de balcons à claire-voie courant entre les deux niveaux. Enfin, les façades sont assemblées en briques de terre crue compressée fabriquées sur place (avec ossature poteaux-poutres en béton), le pouvoir hygrothermique de la terre crue étant optimisé par la disposition des éléments : leur grande longueur placée dans le sens de l’épaisseur de manière à avoir des parois de 30 cm, avec juste en face intérieure la finition d’un enduit et d’une peinture, tous deux à la chaux.

Maîtrise d’ouvrage : Association des parents d’élèves du Lycée français. Maîtrise d’œuvre : Segond-Guyon, architectes ; GE Architects & Partners, architectes associés ; Beteb (BET TCE). Entreprise générale : Centro. Surface : 2 950 m2 Shon. Coût : 2,6 millions d’euros HT.

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