Territoires Rouen

L’aître Saint-Maclou va dérouler le tapis rouge à l’artisanat d’art

Mots clés : Artisanat

Sous les strictes directives de la direction régionale des affaires culturelles Normandie, la Métropole Rouen Normandie va consacrer 10 millions d’euros HT à la restauration et à la reconversion de l’aître Saint-Maclou, classé monument historique depuis 1862. Inusité de nos jours, ce terme d’« aître » – du latin atrium, qui désigne la cour intérieure d’une villa romaine précédant la pièce d’habitation – servait, en vieux français, à dénommer un cimetière proche de l’entrée d’une église.

Exemplaire unique en Europe d’ossuaire à galeries sur plusieurs niveaux, charnier durant la peste noire de 1348, puis établissement religieux d’enseignement, l’aître Saint-Maclou a abrité l’école régionale des Beaux-Arts de 1940 à 2014. Ce joyau du patrimoine, situé en centre-ville, au cœur des quartiers historiques, est le deuxième site le plus visité de Rouen avec 430 000 touristes en 2015, selon l’office de tourisme. Le bâtiment comprend quatre ailes à colombages édifiées successivement au XVIe siècle et pourvues d’étages ajoutés au XVIIe siècle. Si le cimetière a été fermé en 1781, l’aître Saint-Maclou conserve sa vocation d’ossuaire.

Ateliers et espaces d’exposition.

Après avoir fait l’objet de fouilles archéologiques confiées à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), le site (48 m x 32 m) est désormais en phase de diagnostic. L’équipe pluridisciplinaire qui en a la charge fait notamment appel à la dendrochronologie pour la datation des pièces en bois. Des précautions particulières devront être prises pour le traitement des sols. « Nous travaillons avec la chambre des métiers et de l’artisanat de la Seine-Maritime, explique Frédéric Sanchez, président de la Métropole Rouen Normandie. L’idée est de transformer les 1 000 m2 de surface de planchers utilisables en centre d’artisanat d’art. Y prendraient place des ateliers, au rez-de-chaussée des ailes nord et est, ainsi que des espaces d’exposition temporaire, au niveau bas de l’aile sud. »

« Le projet, qui s’inscrit dans le programme Cœur de Métropole, prévoit de créer une circulation piétonnière nord-sud qui rendra le site traversant – ce qui n’est pas le cas actuellement – et contribuera à conforter le circuit touristique du centre-ville, vers la rue Eau-de-Robec et l’abbatiale Saint-Ouen », ajoute Alain Bardin, architecte chargé de mission pour la métropole. A terme, l’enceinte de l’aître pourrait de surcroît accueillir des spectacles de plein air. Il est également question d’installer un salon de thé et/ou une librairie spécialisée à son entrée.
Après la phase diagnostic, une équipe de maîtrise d’œuvre devra produire un avant-projet définitif pour l’été 2017. Les travaux se dérouleraient ensuite jusqu’en 2019. « Dans le meilleur des cas », nuance Frédéric Sanchez, qui se veut prudent. L’opération est soutenue par l’Etat dans le cadre du Pacte culturel signé en mai 2015, ainsi que par la Caisse des dépôts.

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