Territoires Besançon

L’agglomération réconcilie le rural et l’urbain

Mots clés : Etat et collectivités locales

Malgré le déséquilibre entre la ville et la constellation de petites communes, l’intercommunalité progresse à Besançon. Une nécessité pour peser dans la région Bourgogne/Franche-Comté, dont Dijon sera capitale.

Une ville- centre qui n’est entourée que de villages : à Besançon, la notion d’agglomération ne va pas de soi. Renforcée par la barrière naturelle de plusieurs collines, cette configuration conduit assez spontanément à jouer la bataille du rural contre l’urbain. Les deux pôles se sont plus d’une fois affrontés dans le passé. Aujourd’hui, ils se rapprochent pour forger une identité d’agglomération. Doucement, mais sûrement. Le tramway en service depuis un an en constitue l’élément déclencheur le plus visible. Il avait recueilli le vote favorable quasi unanime des élus de la périphérie, bien qu’il fût connu qu’il ne franchirait les frontières de la ville-centre qu’à la marge de ses 14,5 km. Le premier bilan est positif : ses 10 millions de voyageurs en un an ont augmenté de 17 % l’usage du réseau de transport urbain qui repose également beaucoup sur le bus.

Urbanisation sur le tracé du tramway.

L’infrastructure joue son rôle de catalyseur des projets d’urbanisation. « Elle déclenche la densification autour de son tracé, stimule la qualité des espaces urbains, incite à innover dans les formes urbaines », observe Bernard Bletton, directeur général du groupement d’entreprises publiques locales Territoire 25. L’est de l’agglomération compte sur son raccordement pour créer ou renforcer des pôles de logements et de commerces qui rangeraient définitivement au placard sa réputation de parent pauvre du développement local (voir p. 35). Au sud-ouest, les Hauts du Chazal pourront s’appuyer sur lui pour la construction à terme de 1 100 logements. En rejoignant la gare centrale Viotte, le tram transforme cet espace en pôle multimodal. Sous la conduite des différentes entités de Territoire 25 (la société publique locale du même nom, la Sem d’aménagement SedD, la Sem patrimoniale Aktya), le site développera 38 000 m2 d’habitat et de tertiaire, dont une cité administrative devant regrouper 750 fonctionnaires d’Etat début 2019. L’équipe Arep a remporté cet été la consultation de maîtrise d’œuvre urbaine.

Si l’Etat n’a pas souhaité qu’il traverse le cœur historique du centre-ville, le tramway s’en rapproche assez pour en structurer les grands dossiers : ceux du futur comme la reconversion encore à définir des 7 ha de l’hôpital Saint-Jacques ; et les plus immédiats, comme les « Passages Pasteur », opération de 100 millions comprenant les 15 000 m2 du centre commercial de Klépierre-Ségécé inaugurés le 18 novembre. Au printemps 2017, le transport urbain sera complété d’une ligne de bus en partie en site propre, un projet de 15 millions HT (hors l’élargissement du pont de la Gibelotte) mis en chantier fin 2015 pour relier le pôle économique, universitaire et scientifique Temis.
La loi Notre va entraîner une extension du périmètre de la communauté d’agglomération dans les prochains mois. Le processus d’intégration se concrétise également par les documents d’urbanisme intercommunaux : PDU, PLH, bientôt PLU. Il arrive au bon moment : Besançon a tout intérêt à jouer collectif avec ses communes voisines, alors que la réforme territoriale entraîne la perte de son statut de capitale régionale. C’est Dijon qui l’endosse au sein du nouvel ensemble Bourgogne/Franche-Comté. La déception passée, Besançon a négocié la répartition des services d’Etat pour un résultat qu’elle juge équilibré. Elle se place dans une logique de « métropole à deux têtes » qui puisse cultiver la complémentarité avec Dijon plutôt que la rivalité (voir l’entretien avec Jean-Louis Fousseret p. 32). Les deux agglomérations ont tout à gagner à se nourrir de leurs savoir-faire respectifs. Pour son tramway, Besançon est allée puiser dans l’expérience de sa voisine bourguignonne.

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ENCADRE

Le Grand Besançon en six dates

1993 : création du district du Grand Besançon.
2001 : création de la communauté d’agglomération du Grand Besançon.
2008 : vote du premier projet de tramway.
2013 : inauguration de la Cité des arts.
septembre 2014 : mise en service du tramway.
1er janvier 2016 : création du poste mutualisé de directeur général des services de la Ville et de l’agglomération.

ENCADRE

Le Grand Besançon en chiffres

177 000 habitants
57 communes, dont 56 de 92 à 3 500 habitants


432 km2 de superficie

497,8 millions d’euros de budgets en 2015 (Ville et agglomération)

23 000 étudiants

8 900  établissements publics et privés


8,4 % de chômage au 3e trimestre 2014


7 quartiers en cours d’urbanisation à Besançon


74 706 m2 autorisés en 2014 à Besançon.

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