Régions Aix-Marseille

L’agenda de la mobilité sur les rails

Avec des besoins estimés à 10 milliards d’euros, l’agenda de la mobilité adopté par la métropole Aix-Marseille Provence en fin d’année dernière est un projet ambitieux. L’enjeu est de donner envie aux 1,8 million de métropolitains d’utiliser les transports en commun, sur un territoire où 94 % des déplacements supérieurs à 7 km s’effectuent en voiture. « Nous entendons agir sur les infrastructures mais aussi sur la qualité et la simplicité du service. Dès 2017, par exemple, une billettique unique sera mise en place. Et d’ici à 2025, 50 % des bus rouleront au biogaz ou à l’électricité », détaille Jean-Pierre Serrus, vice-président de la métropole en charge des transports.

D’ici à 2020, un réseau « premium », avec notamment une quinzaine de lignes de bus en site propre – soit 200 km à créer en ville et sur autoroute – et des pôles d’échange multimodaux mailleront le territoire. Après 2025, la métropole s’attaquera aux infrastructures lourdes : extension en souterrain de la gare Saint-Charles à Marseille pour les TER, création d’une troisième ligne de métro sur un axe nord-sud, extension nord-sud du tramway. Pour ce dernier projet d’un total de 10,6 km (coût : 240 M€ HT), l’équipe de maîtrise d’œuvre vient d’être choisie. Elle est composée d’Egis Rail, Carta Associés Architectes, SPOA et Ora Ito.

La ligne 2 prolongée à Marseille. La métropole, fusion de six intercommunalités, a repris à son compte d’autres projets inscrits dans les différents plans de déplacements urbains. A Marseille, elle a voté un montant de 15,3 M€ HT pour les études d’avant-projet du prolongement sud-est sur 4,1 km de la ligne 2 du métro jusqu’à Saint-Loup (coût total estimé à 600 M€). A sa mise en service en 2028, l’extension comprendra une section en aérien (viaduc), une zone de transition aérien/souterrain (trémie) et une section souterraine (tunnels et cinq à six stations). Toujours dans la cité phocéenne, la métropole a confirmé la première tranche du boulevard urbain sud (BUS) de 1,95 km, entre l’échangeur Florian et le boulevard Paul-Claudel (environ 100 M€ de travaux). Après le feu vert du commissaire enquêteur, devraient démarrer cet été les travaux de l’Aixpress, un axe BHNS de 7,2 km (66,2 M€). Le projet est associé à un parking relais de 600 places (conception : Tangram Architectes) à livrer en 2019 (13 M€).

Le Val’Tram, tramway qui desservira le centre d’Aubagne puis empruntera le réseau ferré de l’ancienne voie de Valdonne (13,5 km), au nord, est un autre projet prêt à démarrer, après l’enquête publique au second semestre 2017. Compte tenu notamment d’une sous-estimation des travaux de soutènement pour renforcer l’ancienne voie de Valdonne, la métropole a dû augmenter de 40 % l’investissement de départ de 90 M€. Elle a donc décidé de diviser sa réalisation en deux tranches.

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Une société de transport dédiée

La métropole dépense 100 M€ par an pour les transports.

Il faudrait tripler ce montant pour réaliser d’ici à 2025 les 3,5 Mds € de travaux nécessaires, sachant qu’il faudra mobiliser la même somme dans la seconde phase à l’horizon 2035, indique-t-on à la métropole. Celle-ci souhaite créer un établissement public d’Etat sur le modèle de la Société du Grand Paris. Le principe est acté dans l’article 80 de la loi n°2017-257 du 28 février 2017 relative « au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain ». Le gouvernement a envoyé sur le terrain quatre inspecteurs généraux pour travailler sur le sujet. Ils devraient rendre leurs propositions cet été.

Le prochain gouvernement et le parlement devront ensuite décider s’il est ou non opportun de créer une société de transport dédiée.

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