Territoires Grand Sud-Ouest

« L’agence de l’eau prévoit 267 millions d’euros d’aides par an »

Mots clés : Qualité de l'eau - eau potable

Laurent Bergeot, directeur général de l’agence de l’eau Adour-Garonne.

Le comité de bassin Adour-Garonne, assemblée qui regroupe les acteurs et usagers de l’eau du Grand Sud-Ouest, a adopté, à la fin 2015, le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux pour les années 2016 à 2021. Analyse du directeur général de l’agence de l’eau Adour-Garonne, chargé d’en assurer la mise en œuvre.

Quelle est la philosophie du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) 2016-2021 ?

C’est une feuille de route pour atteindre un objectif : 69 % des cours d’eau en bon état d’ici à 2021, contre 43 % aujourd’hui. C’est ambitieux mais réalisable. D’autant qu’en 2027 on devra approcher les 100 % de cours d’eau en bon état afin de se conformer à la directive-cadre européenne sur l’eau.
Ce nouveau Sdage est le résultat de deux ans d’échanges et de travail, dont six mois de consultation du public et des acteurs de l’eau : 300 acteurs institutionnels se sont prononcés avec 3 000 propositions d’évolution. Le comité de bassin Adour-Garonne, dont l’agence de l’eau assure le secrétariat, a abouti au meilleur équilibre possible sur les objectifs et les moyens. Nous avons identifié quatre axes : réduire les pollutions, améliorer la gestion quantitative de l’eau, préserver et restaurer les milieux aquatiques, créer les conditions de gouvernance favorables à une telle politique. Ils seront mis en œuvre par des actions locales, et cela, masse d’eau par masse d’eau. Et pour la première fois, notre Sdage s’articule avec le plan d’action pour le milieu marin et le plan de gestion des risques d’inondation, également validés le 1er décembre 2015. En effet, le bassin hydrographique Adour-Garonne, qui couvre 1/5e de la France dans le quart sud-ouest, comprend une frange littorale importante de 240 km, de la côte aquitaine à celle qui longe l’ex-région Poitou-Charentes.

Quelles sont les actions prioritaires ?

Aujourd’hui, en termes de lutte contre les pollutions, nous arrivons à agir sur les rejets ponctuels. Concernant l’assainissement, par exemple, les efforts sont payants même s’il faut encore aider à l’amélioration de la performance des stations d’épuration pour mieux traiter un polluant qui dégrade la rivière. En revanche, il est plus compliqué de s’attaquer aux pollutions diffuses, en premier lieu celles liées aux nitrates et aux pesticides.
Ce document cadre préconise d’agir en priorité sur les captages d’eau potable. Nous en avons identifié 80 qui étaient dégradés et prioritaires. En termes d’amélioration de la gestion quantitative de l’eau, il faut arriver à un équilibre entre l’eau disponible et les besoins, notamment en période d’étiage : à la fois pour éviter des restrictions des usages et parce que, s’il y a peu d’eau, il est difficile d’atteindre un bon état écologique. La réduction des fuites sur les réseaux est un des moyens pour utiliser au mieux la ressource en eau disponible. Pour la protection des milieux, par exemple, plus de 1 800 ouvrages doivent être traités sur les cours d’eau pour assurer la libre circulation des poissons et des sédiments.
Par ailleurs, pour la première fois, le Sdage préconise de compenser la destruction d’une zone humide en en créant une autre, d’une taille équivalant à 150 % de la surface détruite.

Quels sont les moyens mis en œuvre ?

Le coût du « programme de mesures » associé au Sdage est estimé à près de 3,4 milliards d’euros, soit 560 millions d’euros par an, pendant six ans. Ce montant correspond aux capacités financières des acteurs du bassin. L’Agence, par le biais de son programme d’interventions, prévoit 267 millions d’euros d’aides par an pour financer les projets aux taux maximums autorisés par l’Union européenne, soit jusqu’à 80 %. Son budget constitué en grande majorité des redevances (260 millions d’euros par an en moyenne) lui permet de le faire.
Nous avons aussi fait évoluer notre offre financière. Par exemple, pour réaliser une station d’épuration, une commune rurale peut bénéficier de 60 % de subvention ou bien associer 58 % de subvention et 20 % de prêt à taux zéro remboursable sur quinze ans, ce qui couvre près de 80 % des dépenses.
Nous serons également plus incitatifs afin d’être un soutien plus efficace. Nous venons de clore un appel à projets pour soutenir les opérations de réduction des fuites dans les réseaux de distribution d’eau potable, plus de 200 dossiers ont été déposés. Nous venons d’en lancer un autre sur la réduction des pollutions domestiques dans nos cours d’eau et encore un autre sur le soutien aux travaux de restauration de la continuité écologique.

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Appel à projets pour un assainissement collectif performant

Equipements inadaptés, sous-dimensionnés, vétustes ou non conformes… En Adour-Garonne, plus de 1 000 systèmes d’assainissement (stations d’épuration, réseaux d’eaux usées, branchements) ne sont pas ou plus assez performants pour atteindre une bonne qualité des eaux des rivières. Avec une enveloppe de 60 millions d’euros, l’agence de l’eau a lancé un appel à projets pour financer les études et les travaux qui permettront de réduire les rejets polluants des systèmes d’assainissement collectif situés sur l’une des quelque 500 « masses d’eau » visées. Les critères de sélection et les dossiers de candidature sont disponibles sur le site de l’agence de l’eau Adour-Garonne. Les demandes doivent être déposées au plus tard le 30 juin.

www.eau-adour-garonne.fr

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