Métier

L’agence AEA donne un coup de Rhin

La première agence alsacienne amorce un développement dans d’autres régions. Avec une priorité : la maîtrise technique.

L’alsacien AEA architectes tisse doucement sa toile. L’agence est devenue la première de la région avec ses 38 collaborateurs réunis autour de cinq architectes associés – René-Pierre Ortiz, Eric Soldermann, Rodrigue Thiemann, Richard Lang et Marie Réal – pour un chiffre d’affaires annuel de 6 millions d’euros. Elle s’est développée autour du territoire rhénan formé par l’Alsace et les régions voisines de Suisse et d’Allemagne, d’où elle estime puiser une « inspiration associant rigueur, sobriété et maîtrise technique », indique Eric Soldermann, cogérant.

Depuis sa fondation en 1988, cette philosophie s’est déployée dans les domaines du logement, de l’enseignement, de la santé, des équipements culturels et sportifs, de l’industrie ou des enseignes commerciales. Elle s’est illustrée par exemple par les ateliers des confitures Ferber à Niedermorschwihr, les laboratoires de l’institut Isis, la MIA II (Maison de l’ingénieur et de l’architecte de l’INSA) et les logements « Equinoxe » à Strasbourg, le collège de Voujeaucourt (Doubs), les magasins Ikea et Cora, ou l’immeuble « Almaleggo » à Mulhouse.
Née à Mulhouse, l’agence installe en 2007 une agence à Strasbourg, sous la houlette du cogérant René-Pierre Ortiz. C’est un succès. De sept personnes, la nouvelle entité est passée à 22 cette année grâce à sa succession de références, dont la première tranche en cours du quartier d’affaires international Wacken-Europe (en association avec le cabinet Oslo) et le contrat-cadre de quatre ans avec le Parlement européen.

Collaboration avec les cabinets locaux.

AEA cherche aussi à déployer sa double compétence architecturale et technique hors de sa région d’origine. De premiers marchés ou réponses à concours à Lyon et à Dijon ont amorcé un développement que l’équipe espère prolonger notamment à Marseille et en région parisienne. Si, dans le cas particulier de l’Ile-de-France, la réflexion tend vers une implantation en propre, le cabinet privilégie ailleurs l’association temporaire avec des confrères locaux. Son profil s’y accorde bien. « Nous sommes devenus assez grands pour susciter l’intérêt de maîtres d’ouvrage hors d’Alsace à nous faire admettre à concourir, mais nous restons d’une taille raisonnable pour inciter des cabinets locaux à répondre avec nous », explique Eric Soldermann.

Renforcement du bureau d’études interne.

« Grossir en nombre et s’étendre géographiquement sans perdre la qualité constitue un défi typique d’agences comme AEA », déclarent dans un même élan un promoteur et un confrère architecte alsaciens. Le cabinet estime avoir les cartes en main pour y répondre. « C’est précisément le sens du renforcement de notre bureau d’études interne Alpha Process, qui comprend désormais trois ingénieurs généralistes et trois économistes. Il nous permet d’être beaucoup plus réactifs et crédibles dans le montage financier de nos opérations avec les BET extérieurs cotraitants », souligne René-Pierre Ortiz. Plus profondément, l’histoire même de l’agence la prémunit contre une évolution néfaste, selon ses dirigeants : « AEA a toujours su attirer et fidéliser les talents de nouveaux associés venus de différents horizons qui contribuent à enrichir le discours et à asseoir la qualité de la production. » Le tout « sans gesticulation ni effet de mode, mais au service des mots d’ordre d’authenticité et de sobriété ». Un héritage de son implantation rhénane sans doute.

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