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L’affaire bateaubus

Mots clés : Architecture - Manifestations culturelles - Services urbains - Sport - Transport maritime

L’école nationale supérieure d’architecture de Marseille a développé une série de quatre workshops annuels, mobilisant au total plus de 500 étudiants sur le thème du réseau de bateaubus à créer en façade maritime de celle qui sera Capitale européenne de la culture en 2013. Alors qu’elle s’apprête à recevoir la Coupe du monde de football en 2014, la ville de Recife s’intéresse, elle aussi, à l’idée de faire naviguer des navettes fluviales, ou barcobus. Au printemps, son école d’architecture a organisé un workshop sur le modèle de sa consœur française, en invitant quelques étudiants impliqués dans la réflexion sur les bateaubus. Retour en France : pour que les workshops alimentent le débat public marseillais, le fort Saint-Jean, sur le Vieux-Port, a accueilli au mois d’octobre une exposition multimédia, « L’affaire bateaubus », conçue conjointement par le MuCEM (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) et les étudiants concernés. Les parisiens devraient pouvoir la découvrir à leur tour début 2010.

Depuis 2006, l’Ensa-Marseille organise un workshop annuel d’une durée de deux semaines sur la thématique d’actualité des bateaubus. Cette pratique permet de développer des projets fictifs, mais réalistes, de manière intensive et pluridisciplinaire. Encadrées chacune par un professionnel – architecte comme Marc Barani, Jean-Patrice Calori, Corinne Vezzoni. ou designer comme Charles Bové. -, les équipes sont formées d’étudiants de 4e année, d’étudiants designers aux Beaux-Arts et d’étudiants étrangers (France, Tunisie, Liban.).

La mobilité est au centre des questions politiques marseillaises. L’avenir de la ville dépend beaucoup de l’offre des transports et du choix d’en élargir la palette de façon à rendre le système plus flexible et intelligent. Le bateaubus y existe déjà. Une ligne relie le Vieux-Port à l’île du Frioul, et ce depuis l’urbanisation de la seconde dans les années 1960. Désormais, la création d’autres lignes le long du littoral marseillais est une alternative au déplacement automobile qui trouve des arguments dans le Plan de déplacement urbain de la ville comme dans le Plan directeur 2001-2007 du port autonome. Elle a récemment reçu un écho positif auprès de la Communauté urbaine de Marseille Provence métropole (CUMPM) qui compte lancer une étude de faisabilité sur la question.

« Elle relève à la fois de l’amélioration des transports en commun pour les pendulaires domicile-travail, mais aussi d’une alternative nécessaire à l’accès automobile, impossible en période estivale et pendant les week-ends, de la côte bleue au nord et des calanques au sud, rappelle Stéphane Hanrot, architecte enseignant à l’initiative du workshop bateaubus. Point de départ déjà de lignes de bateaux touristiques, le Vieux-Port, mais aussi son plan d’eau jusqu’à la digue du large et ses quais, incluant le J4 et la cité de la Méditerranée, ne doit-il pas assumer de nouvelles fonctions d’échange, s’ouvrir à la mobilité des voyageurs et jouer un rôle structurant dans l’épaisseur urbaine de ses quais, comme la Tamise à Londres, Darling Harbourg à Sydney, la Seine à Paris ? »

Des diagnostics et des programmes complets ont été établis après consultation des responsables techniques concernés aux directions de la CUMPM – des ports, de la circulation et des infrastructures – et de l’AGAM (Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise). A l’issue des différents workshops, ces mêmes personnalités ont été invitées également à participer aux débats soulevés par les projets présentés.

Dans un programme de navettes maritimes visant à délester la...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 192 du 01/11/2009
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