[TO] Règles techniques Chaussée aéroportuaire

L’aéroport de Malé et la montée des eaux

Mots clés : Chaussée - Gares, aéroports

Reconnue entre autres pour son expertise dans l’auscultation et le diagnostic des chaussées aéroportuaires, Rincent BTP a été appelée par les responsables de l’aéroport de Malé, aux Maldives, pour « dresser un état des lieux des pistes suite à la découverte d’un phénomène d’orniérage important », explique Joseph Vinsu, directeur international de l’entreprise. Cette campagne de diagnostic, qui s’est déroulée sur quinze jours à l’été 2013, s’est appuyée sur deux familles de techniques d’auscultation : surfacique (épaufrure, faïençage, ressuage) et structurelle (tassement, fissure). Dans le cadre de la première, un contrôle visuel, avec relevé des dégradations selon un catalogue défini par le Stac (1), a d’abord permis de déterminer le niveau de service.

Simuler les contraintes

Puis des mesures de profil longitudinal ont été effectuées. Pour ce faire, l’entreprise a eu recours à un profilomètre inertiel – un dispositif laser couplé à un accéléromètre et à un gyroscope – « qui détermine l’uni de la chaussée, et donc la qualité de roulage offerte aux aéronefs », précise Joseph Vinsu. Le coefficient de frottement longitudinal a ensuite été mesuré au moyen, là encore, d’un appareil spécifique. « Cette donnée, qui caractérise l’adhérence, est un paramètre clef de la sécurité, notamment lors du freinage. » Au plan structurel, des auscultations radar ont permis de déterminer l’épaisseur de la chaussée. Objectif principal : optimiser la répartition et la localisation des carottages, des sondages destructifs habituellement positionnés de manière statistique. Dernière technique au menu : le HWD, pour Heavy Weight Deflectometer. Ce dispositif, qui reproduit une sollicitation due au passage d’un avion en impactant la chaussée avec une charge dynamique, permet de déterminer la déformée sous charge de la chaussée et d’en déduire les zones de portance homogènes.
L’ensemble de ces mesures a permis de comprendre la cause de l’apparition des ornières. L’aéroport est construit, pour partie, sur une zone de remblais gagnée sur la mer. « Avec le réchauffement climatique, le corps de chaussée est confronté à un problème de remontée d’eau », explique Joseph Vinsu. Phénomène qui tend à provoquer une désagrégation de la couche de fondation, en l’occurrence du sable traité au ciment, d’où l’apparition des déformations observées. « Sachant qu’il était impossible de remanier la couche de fondation et que l’eau pourrait, dans l’avenir, continuer à monter, la solution de réparation devait venir de la surface. » Les travaux préconisés, qui démarreront l’été prochain, consisteront donc à élever la chaussée, puis à accroître sa capacité portante. Ils débuteront par un rabotage, afin de remettre les infrastructures à niveau, suivi d’un renforcement avec mise en place d’un enrobé à module élevé et, éventuellement, pose de « géogrilles » permettant d’absorber plus facilement les déformations tout en évitant le fluage.

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ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage et maître d’œuvre : Maldives Airports Company Limited. Entreprise : Rincent BTP.

(1) Service technique de l’aviation civile.

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