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« L’activité frémit, mais ce n’est pas encore la reprise »

Mots clés : Entreprise du BTP - Gouvernement

Pour le président des Scop du BTP, le gouvernement doit aller au-delà des effets d’annonce.

Jacques Petey, président de la Fédération nationale des Scop du BTP

Si les sociétés coopératives et participatives (Scop) résistent mieux à la crise que les autres entreprises de la construction, Jacques Petey estime que leur « trésor de guerre » pourrait fondre si le gouvernement ne prend pas rapidement des mesures pour accélérer la relance.

Comment jugez-vous la conjoncture en cette rentrée ?

Nous observons quelques frémissements dans l’activité et le climat semble un peu plus favorable qu’en début d’année. Mais il faut rester très prudent car les effets d’annonce du gouvernement ne suffisent pas, pour l’instant, à provoquer une véritable reprise. Les Scop résistent un peu mieux que les autres entreprises parce qu’elles disposent de fonds propres qui leur permettent de dégager un peu de trésorerie et de préserver l’emploi. Reste que ce trésor de guerre s’épuise petit à petit…

Vous êtes inquiet pour 2016 ?

La confiance ne se décrète pas. Nous attendons des décisions fortes de la part du gouvernement. Les opérations lourdes, celles qui peuvent ramener de la croissance, sont bien trop longues à sortir. La mise en chantier du Grand Paris Express, par exemple, devrait être accélérée. Dans le même temps, il faudrait que les pouvoirs publics apportent enfin des solutions aux problèmes qui minent le BTP depuis des années. L’engrenage du moins-disant, la concurrence déloyale du détachement de salariés, la baisse des dotations des collectivités… autant de dossiers qui devront être réglés en 2016. Faute de quoi, l’année prochaine sera aussi difficile que les précédentes.

La loi Macron sur la croissance, la loi de transition énergétique, le dispositif Pinel pour la relance du logement vont pourtant dans le bon sens…

Bien sûr, tous ces textes ouvrent des perspectives pour l’avenir. Mais leur mise en œuvre ne produit pas d’effets immédiats. Si la loi Pinel va logiquement dynamiser le marché immobilier, le temps de la production d’une opération de logements reste beaucoup trop long. Si la transition énergétique ouvre des perspectives pour les professionnels, les marchés – notamment dans la rénovation – vont mettre du temps à se concrétiser. Il faut des mesures fiscales significatives pour accompagner ces dispositifs. Le gouvernement doit faire du déplacement de l’épargne vers la construction l’une des grandes priorités du prochain budget.

Quel regard portez-vous sur le rapport Combrexelle qui doit servir de base à la réforme du Code du travail ?

Si demain le Code est supprimé, les entreprises n’embaucheront pas pour autant. Ce qui bloque, c’est la trop faible activité. Cependant, il ne faut pas renoncer à repenser les règles qui régissent le travail et cela ne passe pas par un dépoussiérage du code actuel. Il faut une véritable remise à plat en créant d’abord un socle commun à toutes les professions. Dans un second temps, les branches pourraient introduire leurs spécificités. Pour le BTP, la sécurité, les heures supplémentaires ou l’apprentissage mériteraient des textes particuliers.

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La Scop, un modèle d’entreprise solide

Le statut des Scop (SA, SARL ou SAS avec statut juridique coopératif) repose sur les principes de salariés associés majoritaires (avec au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote) et l’élection du dirigeant. Les décisions sont prises selon la règle « une personne = une voix ». Les résultats sont distribués selon le fondement des trois tiers : un tiers pour tous les salariés (participation et intéressement), un autre pour les salariés associés (dividendes), un troisième pour les réserves impartageables (consolidation des fonds propres). Depuis dix ans, le nombre de Scop a progressé de 10 % dans le BTP et ces entreprises se distinguent par une forte capacité de résistance à la crise. Avec 600 adhérents et 15 000 salariés, la Fédération nationale Scop BTP représente 35 % du mouvement coopératif et revendique 800 mandats syndicaux professionnels. La responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) constitue son axe stratégique de développement.

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