Architecture Technique Eclairage urbain

Juste ce qu’il faut de lumière

Mots clés : Eclairage urbain - Electricité - Equipements électriques - Etat et collectivités locales

Depuis 2010, des municipalités expérimentent des luminaires qui associent les LED et des capteurs de présence. Effet radical sur les consommations.

Située en plein centre d’Aix-les-Bains (Savoie), la place Cardinal-Garronne est remarquable, le jour comme la nuit. Outre l’église Notre-Dame dressée en son milieu, le passant pourra, le soir venu, y admirer l’éclairage urbain du futur. Depuis septembre 2014, elle est éclairée par six luminaires à diodes électroluminescentes (LED). Quand un piéton ou une voiture passe à leurs abords, l’intensité de leur lumière augmente. « Lorsqu’un objet est détecté, les lanternes atteignent leur puissance maximale. Si l’espace se vide, elles fonctionnent seulement à 15 % de leur capacité », explique Jérôme Lelu, responsable d’exploitation de l’éclairage public du Centre‑Est pour l’entreprise Citeos. « Sur une durée de six mois, nos mesures indiquent entre 80 et 82 % d’économie d’énergie par rapport à une installation classique, avec des sources à sodium haute pression », précise-t-il.

Des résultats prometteurs.

Les années 2010 marquent un tournant pour l’éclairage public. Des infrastructures similaires à celle d’Aix-les-Bains émergent dans plusieurs villes de l’Hexagone. Elles combinent les LED et les capteurs de présence, pour créer une lumière à la demande. Les LED présentent un temps d’allumage instantané, contrairement aux lampes à décharge. Un candélabre doté de cette technologie peut ainsi commuter et varier d’intensité, sans latence. Les premiers retours d’expérience confirment les propos de Jérôme Lelu : ces équipements réduisent d’au moins 70 % les consommations électriques. Le procédé gagnerait à s’étendre à certaines aires de l’agglomération. « Dans le centre‑ville de Lyon, l’importante activité nocturne réduit l’intérêt du système. En revanche, les quartiers périphériques constituent un gisement majeur. Lors de nos expérimentations, nous avons constaté que 90 % du temps, il n’y a pas de détection. Un minimum de lumière suffit », analyse Thierry Marsick, responsable de l’éclairage public de la ville.

Cependant, de nombreux obstacles freinent encore la progression de cette association LED-capteurs. Les prix restent bien supérieurs – de l’ordre de 60 % – à ceux des dispositifs plus anciens. Par ailleurs, les premiers modèles ont montré quelques défaillances. « La fiabilité progresse, constate Ghislain Luneau, responsable de la sobriété énergétique à la métropole de Bordeaux. On a atteint une certaine maturité. Toutefois, la variété des modèles complique la maintenance. » Thierry Marsick relève le même problème : « Pour les systèmes traditionnels, nous assurons la maintenance en régie. En revanche, nous devons envoyer les lanternes LED en panne chez le fabricant. Les délais peuvent atteindre plusieurs mois. Cette situation crée une dépendance vis-à-vis du constructeur. Vous restez avec lui jusqu’au changement de la lanterne. » La question des applications de contrôle demeure également en suspens. Les lampadaires n’obéissent souvent qu’aux logiciels de leur concepteur. Le secteur devra devenir plus concurrentiel pour parvenir à convaincre les collectivités.

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