Territoires Côtes-d’Armor

Josse redonne de la noblesse à la terre

Les 1 500 m2 de terre cuite taillée sur mesure sont en cours de séchage chez Josse. En janvier prochain, elles seront posées au rez-de-chaussée du futur centre de congrès de Rennes, installé dans le prestigieux couvent des Jacobins. « Sous la houlette de l’architecte des monuments historiques, nous essayons de nous approcher au mieux du sol d’origine », résume Philippe Josse, président de cette société spécialiste de la céramique implantée à Plancoët depuis sa création en 1976. Dans ce bâtiment dont l’édification date du XVe siècle, les fouilles archéologiques ont permis de retrouver quelques fragments de carreaux de l’époque. De quoi établir un calepinage au plus près du sol d’origine et de déterminer les paramètres de la composition et de la fabrication des terres cuites. « La cuisson se fait au feu de bois dans des fours très anciens, appelés “ fours chinois”. Selon les nuances souhaitées, elle varie entre 48 et 62 heures », précise le dirigeant qui emploie une vingtaine de personnes et réalise un chiffre d’affaires de 1,7 million d’euros.

« Béton de terre ».

Depuis plusieurs années, l’entreprise mise également sur la recherche et le développement. Résultat : du « béton de terre » qui a été utilisé pour la rénovation de plusieurs maisons à pans de bois du centre historique de Rennes. « L’architecte des Bâtiments de France a participé à la rédaction du CCTP [cahier technique des clauses particulières NDLR]. Nous livrons l’argile en big bags aux entreprises formées pour réaliser le bon dosage d’eau », détaille Philippe Josse. Une brique de terre crue destinée à réaliser des cloisonnements a aussi été mise au point et rapidement brevetée. Enfin, depuis l’an passé, Josse commercialise des caves à vin en terre récompensées d’une médaille de bronze au concours Lépine. « L’idée m’est venue à partir de la brique. D’ailleurs, nous avons repris le principe de petites unités qui accueillent chacune une bouteille », continue-t-il. Dans ces conditions, les amateurs peuvent acheter la capacité qui leur convient le mieux.

L’entreprise dispose de deux sites de production : Plancoët (Côtes-d’Armor) et les Rairies (Maine-et-Loire) où Josse exploite une carrière d’argile. « En Anjou, nous fabriquons uniquement les terres cuites et en Bretagne, les carreaux émaillés destinés aux murs », ajoute Philippe Josse. Du parlement de Bretagne, à Rennes, à la cathédrale de Rouen, l’entreprise s’est taillé une solide réputation dans le monde des bâtiments historiques. D’ailleurs, les marchés publics de restauration du patrimoine représentent entre 10 et 15 % du chiffre d’affaires.
Le cœur de l’activité demeure le marché des résidences qu’elles soient principales ou secondaires. Aussi, depuis le début des années 1990, Philippe Josse développe-t-il des magasins de centre-ville : à Plancoët et Les Rairies, bien sûr, ainsi qu’à Paris, Vannes (Morbihan) et Quimperlé (Finistère). Mais cette forte implantation dans l’Hexagone ne l’empêche de se développer au-delà des frontières : l’activité à l’exportation représente aujourd’hui 10 % du volume d’affaires, notamment avec les Pays-Bas et la Suisse.

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