Territoires Gouvernance

« J’ai mis tout en place pour aller chercher des fonds européens »

Questions à Damien Castelain, président (SE) de la Métropole européenne de Lille (MEL).

Premier président non socialiste de la métropole lilloise depuis 1967, mais aidé par Martine Aubry dans son élection, et proche des maires des nombreuses petites communes qui composent la collectivité, Damien Castelain incarne le consensus. L’homme, réputé pour son ouverture et son sens du dialogue, en fait un principe pour fédérer autour de son projet.

Votre élection en 2014 a créé la surprise…

C’est l’élection d’un homme. A défaut de majorité, quelle était la personne qui pouvait incarner le plus le consensus ? J’ai été choisi. A partir de là, j’entends, bien sûr, gouverner de manière collégiale, au plus grand dénominateur commun. Auparavant, le bureau était décisionnaire. Désormais, des comités de réflexion sont en place, et chaque décision passe en assemblée. J’avais instauré la conférence des maires avant la loi Mapam. C’est le socle. Résultat : le budget a été voté à 98 %. C’est l’histoire de mon élection.

Quelle est votre stratégie de développement pour cette métropole atypique, à la fois multipolaire et rurale ?

Ces caractères de la métropole – la multipolarité et la ruralité – doivent demeurer car ils sont historiques. Nous devons d’ailleurs en faire une force de nos futurs Scot (2016) et PLU (2018). Durant mon mandat, je m’engage à ne pas gagner un hectare sur l’espace rural. Nous disposons de suffisamment de réserves foncières. Je souhaite même faire de l’agriculture urbaine le 7e pôle d’excellence de la métropole.

Comment se montrer encore actif sur l’investissement à l’heure de la baisse des dotations de l’Etat ?

Il y a deux façons d’y faire face. Cela commence par la mise en place d’une politique d’achats publics qui permette de faire des économies. C’est une simple question de rationalisation, sur le modèle de ce qui se pratique dans le privé. Ensuite, il nous faut aller chercher des fonds européens. J’ai créé, dès mon arrivée, un service chargé des fonds structurels. Autrement dit, des gens de la métropole vont passer plus de temps à Bruxelles qu’à Lille. Les projets éligibles seront prioritaires. De même, nous devons développer notre culture de l’appel à projets. Il nous faut créer des richesses. Je préside actuellement l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai et je m’inspire beaucoup de nos voisins. Il y a deux à trois fois moins de chômage de l’autre côté de la frontière. Nous avons tout un monde à réinventer, y compris en termes de rebond industriel.

Soutenez-vous le projet régional de RER entre Lille et le Bassin minier ?

J’y adhère. Cela fait partie de la multitude de traitements possibles pour guérir l’asphyxie dont souffre la métropole. Mais c’est une solution à l’échéance 2030 ; tous les scénarios sont à étudier : contournement sud, mobilité intelligente… Pourquoi ne pas aussi imaginer, comme à Rotterdam, la mise en place d’un péage urbain positif, où le citoyen qui s’engage à ne pas venir grossir le trafic aux heures de pointe reçoit un bonus ?

Quid de la « ville intense » voulue par Martine Aubry ?

La volonté de l’ancienne présidence d’aller au-delà de la loi, et d’imposer une densité à toutes les communes, a été mal reçue par les habitants. La position de la nouvelle gouvernance c’est la loi rien que la loi, mais nous accompagnerons les maires désirant faire plus. En matière de logement, nous avons encore de grands projets urbains : Euralille, Five-Cail Babcock, Saint-Sauveur, le centre-ville de Tourcoing, le campus Gare de Roubaix. J’entends également faire de la reconquête. Il y a plusieurs milliers de logements vacants à Roubaix, et des dents creuses partout dans la métropole. Je suis pour une ville vivable et un village durable.

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