Architecture Technique

Isolement contre les bruits de l’espace extérieur

Principes et objectifs

Principe général

L’isolement minimal à respecter vis-à-vis des bruits de l’espace extérieur, caractérisé par son indice Dnt, a, tr , est de 30 dB. La réglementation laisse le constructeur libre des moyens à mettre en œuvre pour respecter l’exigence d’isolement acoustique.

En présence d’une ou plusieurs infrastructures de transports bruyantes

L’exigence d’isolement acoustique peut être augmentée.
La réglementation du 30 mai 1996, modifiée en 2013, définit les modalités de classement vis-à-vis du bruit des infrastructures de transports (terrestres et aériens) et définit l’isolement acoustique minimum des bâtiments d’habitation contre les bruits des transports.
Le classement des infrastructures est défini par des arrêtés préfectoraux et est consultable dans les annexes informatives du PLU.

Pour les infrastructures de transports terrestres :

Le classement tient compte de deux types de configuration, tissu ouvert et rue en U, et définit, en fonction de niveaux sonores de référence, les catégories d’infrastructures et les largeurs de secteurs affectés par le bruit spécifique à chacune de ces catégories.
Deux méthodes sont proposées au maître d’ouvrage pour la détermination des objectifs d’isolement du ou des bâtiments de son opération :

La méthode forfaitaire

En tissu ouvert ou en rue en U, la valeur de l’isolement acoustique minimal des pièces varie de 30 à 45 dB en fonction de la catégorie d’infrastructure (de 1 à 5) et de la distance horizontale entre la façade de la pièce correspondante du bâtiment à construire et le bord de la chaussée ou du rail de la voie classée le plus proche du bâtiment considéré (de 0 à 300 m).
Ces valeurs peuvent être diminuées en fonction de la valeur de l’angle de vue α selon lequel on peut voir l’infrastructure depuis la façade de la pièce considérée (schéma 1).
Ces valeurs peuvent aussi être diminuées en cas de présence d’une protection acoustique en bordure de l’infrastructure, telle qu’un écran acoustique ou un merlon (schéma 2).
Le cumul des corrections à appliquer ne peut être supérieur à 9 dB et l’isolement minimal ne peut être inférieur à 30 dB.

La méthode par évaluation précise des niveaux de bruit devant la façade du bâtiment projeté

Dans ce cas, le maître d’ouvrage, dans le cadre d’une étude acoustique, prend en compte les données urbanistiques et topographiques particulières du site de son opération ainsi que l’implantation de celle-ci dans le site. Il évalue la propagation des sons entre les infrastructures et le futur bâtiment par calculs ou à l’aide de mesures.
Dans les deux cas, cette évaluation est effectuée pour l’ensemble des infrastructures, routières ou ferroviaires, en recalant les niveaux sonores calculés ou mesurés sur des valeurs réglementaires.

Pour les infrastructures de transport aérien :

Quatre zones sont définies par le plan d’exposition aux bruits des aérodromes. Dans ces zones, l’isolement acoustique minimum des locaux vis-à-vis de l’espace extérieur est de 45 dB en zone A, 40 dB en zone B, 35 dB en zone C et 32 dB en zone D.
Le Plan d’exposition au bruit (PEB) est un document qui réglemente l’urbanisme au voisinage des aéroports de façon à ne pas exposer de nouvelles populations aux nuisances sonores. Il délimite les zones voisines des aéroports à l’intérieur desquelles la construction de logements est limitée ou interdite, en tenant compte des spécificités du contexte préexistant. Il empêche que de nouveaux riverains soient gênés par les nuisances sonores.
Dans tous les cas, seules des mesures acoustiques réalisées après l’achèvement des travaux permettent de vérifier que les valeurs minimales d’isolement ont bien été respectées.

Diagnostics

Les choix techniques ainsi que la mise en œuvre sont déterminants dans l’atteinte des performances visées. Parmi les causes possibles d’un isolement insuffisant, il est à noter :

Sous-estimation ou oubli de prise en compte des transmissions latérales et parasites dans les études.
Mauvaise mise en œuvre ou choix inapproprié : des menuiseries extérieures, des vitrages, des entrées d’air, des volets roulants.
Performance acoustique insuffisante des coffres de volets roulants. Dans le cas de fortes exigences : utilisation de baies coulissantes inadaptées, aménagement de pièces habitables en combles.

Ces erreurs peuvent conduire à une sensation d’inconfort, pouvant, à terme, avoir des effets néfastes sur la santé. Un inconfort acoustique lié aux entrées d’air peut en outre inciter les habitants à boucher celles-ci, ce qui est susceptible d’entraîner une dégradation des locaux et d’avoir un impact sur la santé du fait d’un renouvellement d’air insuffisant.

Les bonnes pratiques

Intégrer la dimension acoustique dès la conception. Une attestation acoustique s’appuyant sur des constats effectués dès la conception devra être fournie à la fin des travaux.

Une isolation correcte des locaux vis-à-vis des bruits extérieurs dépend en premier lieu de la bonne détermination des objectifs d’isolement de façade. Une mauvaise interprétation ou connaissance des textes réglementaires en vigueur peut mener à des valeurs non conformes.

Liste non exhaustive :

Avant l’acquisition du terrain, vérifier la présence d’infrastructures de transports bruyantes et déterminer l’impact de celles-ci sur le projet.
Rechercher, sur plan, le placement optimal des différents bâtiments composant l’opération afin qu’il y ait le moins possible de logements exposés au bruit (schéma 3) :

– utilisation de bâtiments déjà existants en tant que masques ;
– utilisation de bâtiments du projet afin d’en masquer d’autres.

Déterminer des objectifs d’isolements de façade adaptés, si besoin en faisant appel à un organisme compétent en la matière afin d’éviter que les solutions techniques définies dans le cadre du projet ne conduisent :

– à des performances acoustiques insuffisantes entraînant une non-conformité difficile et coûteuse à rattraper ;
– à des performances acoustiques superflues compte tenu des conditions d’exposition, pouvant engendrer un surcoût non nécessaire vis-à-vis des besoins de l’opération et/ou des objectifs réglementaires.

Concevoir des façades qui protègent les logements vis-à-vis des bruits extérieurs, tout en recherchant un équilibre entre ceux-ci et les bruits intérieurs au bâtiment. Ces derniers (bruits d’équipements et bruits de voisinage) peuvent en effet être en partie couverts par les bruits extérieurs.
Maîtriser les caractéristiques et soigner la mise en œuvre :

– des menuiseries (assurer une bonne étanchéité) ;
– des coffres de volets roulants (assurer une bonne étanchéité entre l’intérieur et l’extérieur et prévoir un isolant acoustique) ;
– des entrées d’air (installer des entrées d’air acoustiques si nécessaire) ;
– du doublage des murs (choisir un isolant ayant de bonnes performances thermiques et acoustiques).

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Quand être vigilant ?

Du début de la conception à la fin de la réalisation, des étapes de vérification sont nécessaires pour atteindre la qualité réglementaire :

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D’après les fiches « La qualité réglementaire dans les bâtiments d’habitation neufs ». « Fiche rédigée à partir de constats établis lors des contrôles réglementaires de construction jusqu’en 2013 »

Reproduction interdite sans autorisation des éditeurs. © 2013 AQC/Ministères en charge du Logement et de la Construction. Toutes les fiches « La qualité réglementaire dans les bâtiments d’habitation neufs » sont consultables sur www.qualiteconstruction.com

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