Enjeux

Iran : le BTP oscille entre euphorie et méfiance

Mots clés : Entreprise du BTP

Après plus de vingt ans d’isolement, le pays veut développer et rénover ses infrastructures.

La levée des sanctions qui frappaient l’Iran depuis 1995, en raison de son programme nucléaire, a suscité un énorme espoir en Occident. Mais, selon le dirigeant d’un groupe de BTP français, « ce n’est pas encore l’eldorado ». « Pour l’instant, le gouvernement s’efforce de déterminer les priorités, il va falloir agir étape par étape pour gagner des contrats », observe-t-il sous couvert d’anonymat. Avec près de 80 millions d’habitants et un territoire trois fois plus vaste que la France, la République islamique aiguise néanmoins les appétits. Business France, qui a inauguré un bureau à Téhéran en septembre 2015, est submergé de demandes d’informations. Et Medef International vient d’ouvrir dans la capitale iranienne, début août, son Centre français des affaires.

La carte à jouer.

« C’est par le secteur de la construction que tout va commencer », prédit Seltem Iyigün, qui suit les évolutions du BTP iranien pour Coface. « Pour attirer des investisseurs étrangers et développer le commerce international, le pays a d’abord besoin d’être équipé en infrastructures dignes de ce nom », explique-t-elle. La liste des projets mis en ligne par le ministère des Transports et du Développement urbain est pléthorique. Aéroports, routes, chemins de fer, ports, transports urbains, eau et assainissement… « Les Français ont une carte à jouer sur les objets techniquement compliqués car, sur les ouvrages faciles à réaliser, ils risquent de rencontrer une concurrence turque à bas prix », confie notre entrepreneur. A ce stade, des perspectives se dessinent. Début 2016, Bouygues Construction et Aéroports de Paris ont obtenu un accord de principe pour l’extension et l’exploitation de l’aéroport de Téhéran. Vinci a signé un protocole d’accord portant sur la concession, l’extension et la rénovation des aéroports de Mashhad et d’Ispahan. La SNCF travaille au développement de LGV et sa filiale Arep à la modernisation des gares de Téhéran, de Mashhad et de Qom. Egis étudie plusieurs marchés dans les transports.

Selon les conseillers du commerce extérieur, le gouvernement iranien compte mobiliser 20 milliards d’euros dans le fret, les transports urbains et les lignes à grande vitesse d’ici à 2025. Dans le secteur de la route, l’objectif est de rétablir des liaisons entre provinces (45 000 km) et d’augmenter la capacité des autoroutes proches des grandes villes, pour 50 milliards d’euros au total. Mais beaucoup de gens s’accordent à dire que le talon d’Achille de l’Iran est le financement. Sous pressions américaines, banques et entreprises françaises présentes aux Etats-Unis restent frileuses. Rappelons l’affaire BNP Paribas dans laquelle le groupe bancaire avait écopé d’une amende colossale pour avoir utilisé le dollar dans ses transactions avec l’Iran du temps de l’embargo.

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