Edito

Investissement savoureux

Mais qu’est-ce qui peut bien pousser les particuliers vers le financement participatif ? En pleine déprime de l’investissement, les adeptes de la collecte de fonds en ligne sont de plus en plus nombreux pour donner, prêter, investir… Ils font entendre leur petite voix à l’heure où les banques se font tirer l’oreille pour financer les nombreux projets qui ne promettent pas de solides rentabilités.
Au-delà de l’effet de mode, ces particuliers vont jusqu’à réaliser ensemble des opérations de construction pas si modestes que ça : restauration du patrimoine, ferme éolienne, logements (lire page 12 et page 60)… qui passent de moins en moins inaperçus. Leur ancrage local, la facilité pour y souscrire, l’accessibilité aux petits budgets concourent largement au succès de la démarche, que le web a fait émerger ces dernières années, relayée par les réseaux sociaux. Encore eux !
Plus d’un million de Français l’auraient déjà pratiqué. Comme ce village de Haute-Savoie qui a lancé un appel de fonds sur un site web dédié pour la reconstruction de son clocher à bulbe : 5 euros la tuile écaille. La démarche est assez vertueuse pour que nos élus locaux la plébiscitent. Nos gouvernants s’en sont emparés dans la loi Alur pour l’encourager. Les banques, rassurées par ces succès, s’y adossent désormais au gré des rentabilités annoncées. Signe que l’affaire est sérieuse. Il se dit même que, sur ce terrain de l’investissement innovant, les Français sont assez créatifs et savent s’y prendre pour défendre leurs plates-formes dédiées à ce nouveau mode de financement.
Bref, en France, nous ne manquons toujours pas d’idées. Ni de projets. Le secret de cette réussite n’en est plus un : le particulier sait où est son argent, tout en sachant à quoi il sert. Mieux, il participe à un projet transparent qu’il a choisi. Et qui a du sens pour lui. Encore plus fort, il peut y collaborer comme maître d’usage d’un logement conçu pour lui et avec lui. Et retrouver ainsi le goût et la saveur d’un investissement responsable.
C’est sans doute ce que l’ingénierie financière traditionnelle a perdu de vue depuis qu’elle met sur le marché des produits opaques, qui ne parlent plus à personne.

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