Enjeux

Investissement public : le signal positif

Mots clés : Etat et collectivités locales - Gouvernement

François Hollande a accédé à certaines demandes des maires. Les réactions sont mitigées.

Bien mais pas assez ? Le 2 juin, au 99e Congrès des maires, François Hollande a lâché un peu de lest pour les communes et les intercommunalités. En 2017, elles continueront de participer à l’effort budgétaire national, mais cet effort sera réduit de moitié : leurs dotations ne seront amputées que de 1 milliard d’euros au lieu des 2 milliards initialement prévus. « La trajectoire de la réduction des déficits publics doit être maintenue », a défendu le président de la République. Deux jours auparavant, devant la même assemblée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, était venu rappeler cet engagement de la France. François Hollande « ne pouvait aller au-delà. On l’aurait qualifié d’irresponsable. C’est le sens du compromis », a confié au « Moniteur » Jean-Claude Boulard, maire (PS) du Mans, après l’allocution présidentielle.

Fonds de soutien reconduit.

L’investissement fut le grand fil rouge de ce congrès. Lors de l’inauguration, Jean-Claude Juncker a assuré travailler pour que le plan d’investissement pour l’Europe (315 milliards d’euros sur trois ans) devienne plus accessible aux collectivités françaises (lire aussi page 28). En clôture, se disant « conscient du rôle de l’investissement public local », le président de la République a fait un autre geste en reconduisant d’une année supplémentaire le fonds de soutien à l’investissement public local, qui était de 1 milliard d’euros en 2016, et en le portant à 1,2 milliard. Ce fonds sera à nouveau fléché : 600 millions d’euros pour la transition énergétique, le logement et l’accessibilité ; 600 millions pour les petites villes et la ruralité. Il faut « continuer à bâtir et à investir », a asséné François Hollande.

Le président de la République a aussi annoncé l’automatisation de la gestion du FCTVA, la couverture intégrale en très haut débit du territoire, 1 200 maisons médicales pour lutter contre les déserts médicaux dès 2017, et une nouvelle loi Montagne. Il a réaffirmé la simplification des normes et assuré que la France sera « ferme » pour défendre l’intérêt de ses entreprises en étant particulièrement « exigeante » sur la réciprocité dans les marchés publics, dans le cadre des négociations sur le traité transatlantique.
A la sortie du congrès, les réactions étaient mitigées. « Le président de la République a entendu une partie de nos revendications, a réagi François Baroin, président (LR) de l’Association des maires de France. Il muscle un fonds d’investissement qui va certainement aider les entreprises du BTP à avoir une bonne bouffée d’oxygène pour préserver l’emploi. C’est une bonne partie du chemin qui est accomplie, ce n’est pas tout le chemin. » Les autres associations d’élus du bloc communal ont salué le geste opéré. Celles représentant les régions et les départements ont, elles, déploré être « les grands oubliés du geste présidentiel ». Pour Bruno Cavagné, président de la FNTP, « il s’agit d’un signal positif pour la relance de l’investissement en infrastructures des collectivités locales ».
Mais au-delà des réactions officielles, les élus locaux paraissaient peu convaincus et affichaient une certaine déception. « Est-ce que tout est crédible ? », interrogeait un élu d’une commune de la région parisienne (8 000 habitants). « Nous sommes en période préélectorale », rappelait l’édile d’une commune de 4 800 habitants. « Ça ne va pas assez loin », ajoutait le maire d’un village rural (260 habitants), tandis que celui d’une ville de 8 000 habitants « espérait un gel » de la baisse des dotations.

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