Aménagement

INTRODUCTION

Le Parlement Européen définit ainsi la ville intelligente : « une ville qui cherche à répondre aux questions d’intérêt général par des solutions numériques, permises grâce à un partenariat entre une multitude d’acteurs » . En France, cela se traduit par des initiatives et des réalisations variées, témoignant d’une volonté des territoires de s’engager dans cette voie malgré une maturité inégale dans les projets.

Selon un sondage de l’Observatoire des politiques publiques, réalisé par l’Ifop pour EY et Acteurs publics en septembre 2015, 78 % des Français jugent le développement numérique de la ville important ou prioritaire. Les smart cities peuvent améliorer la ville en permettant une réduction de la dépense publique (38 % des réponses), renforcer la sécurité (28 %) et limiter la consommation d’énergie (26 %). Le sondage fait également apparaître que les Français estiment que le numérique peut simplifier les relations avec la ville voire augmenter la dimension participative de la démocratie locale, même si ce dernier point reste marginal (10 %).

Il y a donc une attente des habitants concernant le développement des outils numériques pour la gestion des services publics locaux. Il semble utile de répondre à ces aspirations en favorisant le déploiement d’infrastructures numériques pour la gestion publique, d’autant que cela pourra être l’occasion pour les entreprises françaises de développer une expertise utile dans ce secteur, qui pourra leur servir de vitrine à l’export, dans un marché mondial porteur, estimé de 400 Md $ à 1 600 Md $ à l’horizon 2020.

Cependant, le déploiement de smart city doit se faire un partant des attentes des habitants. Comme le dit M. Joël de Rosnay, biologiste et prospectiviste, « la ville est à la fois le support et la conséquence de l’organisme vivant qui l’habite » .

En d’autres termes, la ville n’est pas seulement le support de la vie des habitants mais également l’ensemble social usager de la ville. Or les pouvoirs publics élaborent le plus souvent les services publics en partant de la technique. Cela se traduit par une organisation en silo des administrations territoriales.

Cette organisation fonctionnelle a démontré son efficacité pour gérer les services publics quotidiens mais le déploiement d’une smart city impose une vision stratégique et transversale. En ne partant que des possibilités techniques, le risque devient alors de créer une ville inutilisée.

La tentation de créer des villes à partir de développements théoriques de ce que représenterait un idéal n’est pas propre à la ville numérique. Les projets d’architectes et d’urbanistes voulant améliorer la vie quotidienne n’ont pas toujours apporté les résultats espérés. Dans les smart cities , plusieurs villes nées de l’idée que la technologie pouvait se substituer à un projet urbain ont vu le jour sans faire la démonstration, à ce jour, de leur modèle. On peut citer par exemple Masdar ou Songdo.

Pour mettre en place des stratégies smart city les pouvoirs publics doivent donc, comme les entreprises du numérique, placer l’expérience de l’utilisateur ( user ex-perience ou ux ) au centre de l’élaboration des politiques publiques.

Cela appelle une plus grande concertation, co-construc-tion et co-gestion des services publics, facilitées par les outils numériques. En construisant avec les habitants, les pouvoirs publics améliorent la décision et la ville devient plus intelligente. Les outils numériques amplifient ce phénomène, le facilitent et améliorent l’efficacité des services publics.

Deux mouvements rendent inéluctable la recherche d’outils et de solutions nouvelles, notamment numériques et collaboratives, dans la gestion des services publics : l’augmentation de la population urbaine, qui met en tension les ressources disponibles et implique une gestion plus optimisée ; le développement des usages numériques avec un accroissement de modes de consommation nouveaux, notamment collaboratifs ou horizontaux.

Ce mouvement est une chance pour les territoires comme pour leurs habitants (partie 1) mais également une opportunité d’ampleur pour les entreprises (partie 2) ; il crée des devoirs nouveaux pour les collectivités territoriales (partie 3), ce qui implique de leur donner des moyens en rapport avec ces nouvelles missions (partie 4).

La construction de projets smart city doit correspondre à chaque territoire et être individualisé. Il n’en reste pas moins que trois principes directeurs doivent être présents à l’esprit des décideurs (voir encadré 2).

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ENCADRE

Encadré 2 : trois principes directeurs de la smart city

Principe n° 1 : organiser une réelle gouvernance

Chaque structure intercommunale devra se doter d’une gouvernance associant à minima élus et administration, et plus efficacement l’enseignement supérieur et des acteurs économiques, permettant de sortir des politiques de silo vers une réelle transversalité.

Principe n° 2 : assurer la souveraineté, éviter la privatisation de la ville

Les enjeux de souveraineté doivent être appropriés à tous les niveaux de décisions pour s’assurer que les territoires gardent la maîtrise de la donnée, des outils, applications Smartphone, des logiciels métiers, et que la standardisation et la réversibilité soient des préalables.

Principe n° 3 : garantir une ville inclusive

Donner une place à chaque citoyen, sans fracture sociale ou numérique. Dans une vraie logique d’empowerment le mettre au cœur des projets en passant d’une approche centrée usager ( ) à une approche centrée citoyen ( ).

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