Détails

Introduction

Mots clés : Aménagement paysager - Architecte - Architecture - Espace vert

Traité à l’échelle de la ville, d’une façade ou d’une hauteur sous plafond, le rideau revêt un enjeu tout à fait intéressant en ce qu’il laisse échapper ou contient l’espace comme dans sa capacité à produire de la présence. A l’occasion de ce dossier, nous avons sélectionné une dizaine de projets significatifs explorant le rideau comme dispositif architectural. En introduction, un entretien avec Petra Blaisse, plasticienne connue notamment pour ses collaborations avec OMA. Elle nous entraîne derrière sa vision du mouvement suspendu.

ENTRETIEN AVEC PETRA BLAISSE

Dans votre travail, le rideau est un dispositif qui tend à jouer de notre rapport à l’espace intérieur. Comment abordez-vous sa présence ?

Nous abordons l’objet rideau comme une personnalité qui apparaît ou disparaît. Un caractère qui peut être très présent ou au contraire, absent, voire grossier. Je pense aux rideaux comme à des individus caractérisés par des modes d’accrochage, des matières textiles que l’on rend plus ou moins bavards. Doit alors s’instaurer une forme de conversation entre l’espace et le rôle que peut jouer la pièce textile. Celui-ci dépend du contexte, de la ville, de la culture, de l’architecture, des utilisateurs, ou encore du programme. Au terme de ces mises en relation, un seul matériau convient au rôle. De surcroît, chaque matériau a son propre comportement, lequel varie selon l’échelle et la forme données. Il y a quelques années, à l’occasion d’une exposition monographique qui m’était consacrée au Storefront for Art and Architecture à New-York pendat quelques mois en 2000, j’ai travaillé à l’échelle d’une façade. Une intervention provisoire intitulée Movements qui était une manière de signifier mon rapport au dispositif rideau. A l’époque, personne ne connaissait mon travail. D’autre part, la représentation domestique du rideau étant figée dans la tête de chacun, il était intéressant de revenir sur cette idéologie. Je voulais rompre avec cette vision un peu faible et rapprocher la question du rideau de celle de l’urbain, de l’événement, de la grande échelle et du mouvement.

La hauteur de façade devant laquelle nous sommes intervenus revêt une dimension tout à fait habituelle pour nous. Nous travaillons souvent entre 15 et 30 m de haut. D’autre part, ce travail a eu un effet intéressant sur les espaces intérieurs des logements. Le temps de l’exposition, il a permis d’agir sur l’atmosphère, les couleurs, le son. La mise en œuvre de ce projet a été confiée à des professionnels de l’escalade. Nous voulions au fondement que ce grand rideau pende librement au-dessus du trottoir mais la municipalité ne nous a pas donné cette possibilité. Nous avons donc mis au point un système qui nous satisfaisait du point de vue de la liberté d’action et qui garantissait également un certain contrôle du mouvement. Des câbles entre le toit et le trottoir ont été tirés et des ceintures ont été réglées afin que le rideau puisse quand même bouger, ce qui nous semblait capital. Ce dernier était constitué de toiles d’échafaudages, de toutes les couleurs. Elles ont été cousues entre elles à la main, à même le trottoir et posées les unes contre les autres afin d’obtenir des effets changeants. La structure tricotée des toiles leur octroie leur propre mouvement, leurs propres variations altimétriques, ce qui est intéressant. Elles rétrécissent ou s’allongent selon la répartition de leur masse et les facteurs extérieurs qui alourdissent ou allègent les surfaces. La partie haute du rideau a été assemblée et cousue à l’aide d’une machine à coudre pour résister à la force au vent r.

Pour le projet de scénographie Haus der kunst, nous avons utilisé en guise de surface, un...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 191 du 01/10/2009
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