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Introduction

Mots clés : Architecte - Architecture - Bois - Maison individuelle - Politique du logement - Produits et matériaux - Second oeuvre - Verre

La fenêtre est devenue un objet industriel dont les caractéristiques esthétiques et techniques semblent dictées et figées par des exigences de performance thermique et de faible coût. Le châssis en PVC portant un vitrage isolant s’est ainsi imposé comme le standard, du moins pour les logements en France, alors que le tertiaire serait « voué » au mur rideau.

Si une sélection de quelques projets n’a guère de signification statistique, plusieurs indications générales paraissent intéressantes. Première observation, la plupart des programmes relèvent de l’habitat au sens large : maison individuelle ou multifamiliale, hôtel, petit immeuble de logements ou hébergements de loisirs. Autre donnée générale notable, les fonctions vue/lumière naturelle (vitrage) et ventilation (ouverture) sont souvent séparées, avec par conséquent des vitrages fixes et des panneaux opaques ouvrants, intégrés dans un bloc baie de grande dimension. Techniquement, ces ouvertures peuvent être considérées comme perfectionnées, voire sophistiquées dans le cas du système de ventilation d’un petit immeuble londonien (architecte KMK). Toutes ces fenêtres caissons sont conçues pour garantir un niveau élevé de performances thermiques : triples vitrages dans la plupart des cas, cadres en bois ou en métal avec une âme isolante. Des solutions de pointe, comme le VEC ou les verres feuilletés à couches métalliques, ne sont donc pas réservées aux immeubles tertiaires. Autre caractéristique majeure, de par leur taille, leur positionnement, leurs matériaux et finitions, leur « design », ces baies à l’encadrement plus ou moins hypertrophié sont les éléments dominants d’une enveloppe qui, sans elles, serait parfois assez conventionnelle. Le terme enveloppe est ici approprié puisque la façade n’est pas seule en cause, comme l’illustrent les fenêtres caissons émergeant d’un rampant de toiture de « la maison noire » à Munich (Peter Haimerl architecte) ou les verrières du bâtiment de Huttinger Elektronik à Fribourg (Barkow Leibinger architecte).

Dans l’immense majorité des bâtiments, la fenêtre s’inscrit en creux par rapport au mur extérieur de la façade. En coupe, elle occupe, selon l’épaisseur du mur et le système constructif, une position médiane et même souvent décalée vers l’intérieur dans le plan d’un doublage isolant pour les constructions récentes. Au contraire, dans les projets réunis dans ce dossier, la baie est le composant de base de la façade, dont elle détermine la composition et son épaisseur peut dépasser 50 cm, avec un bloc baie émergeant franchement de la façade (ou de la couverture).

Même en l’absence d’un relief marqué au sens géométrique de terme, les baies sont valorisées dans ces projets par des contrastes affirmés de couleurs et de matières. Exemple presque caricatural dans le genre, les cadres en acier inoxydable poli des baies de la maison réhabilitée par Peter Haimerl se détachent sur une enveloppe noire et mate en bardeaux de bitume. Cet « expressionnisme » rend lisible les efforts de l’architecte pour éclairer un espace autrefois sombre, tout en conférant à une maison banale par ailleurs un caractère spectaculaire. Un effet presque aussi violent peut être observé sur les façades de la...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 183 du 01/11/2008
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