Régions Bretagne

Intelligente, la ville, mais comment et pour qui ?

Mots clés : Architecte - Bâtiment d’habitation individuel - Gares, aéroports

7 000 visiteurs accueillis sur le chantier de la gare de Rennes lors du week-end portes ouvertes les 13 et 14 mai.

+ 0,3 % Les travaux réalisés par les architectes bretons sont restés stables entre 2014 et 2015. Enquête Maf 2016.

1 048 logements vendus sur Nantes Métropole au 1er trimestre (4 452 sur les douze derniers mois, + 10 %). Oloma.

Invité aux rencontres annuelles de l’Ordre des architectes de Bretagne à Rennes fin avril, Christian Devillers a ouvert le débat avec une question d’actualité : comment définir aujourd’hui la smart city ? « L’intelligence de la ville, c’est avant tout celle de ses habitants », répond l’urbaniste, pour qui l’empilement technologique ne doit pas prendre le pas sur l’humain. La domotique, l’Internet des objets, l’interconnexion des transports en temps réel doivent avant tout favoriser la réappropriation de l’espace public par les usagers et contribuer à la résilience des métropoles. « La ville intelligente sera celle qui s’adaptera à une économie de la ressource », résume-t-il.

Dans tous ses projets, du quartier smart grids ready Nice Méridia au plan directeur Via Silva 2040 de Rennes Métropole, l’urbaniste maintient le cap du facteur 4 pour la réduction d’émission de gaz à effet de serre. « Notre travail doit viser la concordance des différentes logiques en présence », a rappelé Christian Devillers.

Smart city en campagne. Depuis 2015, Saint-Sulpice-la-Forêt, commune de 1 500 habitants au nord-est de Rennes, expérimente ainsi en partenariat avec deux start-up bretonnes, Alkante et Wi6Labs, une technologie de collecte et de suivi en temps réel des consommations (eau, énergie) sur les six bâtiments communaux. De la salle polyvalente à la mairie en passant par l’école, le stade… « Nous avons déjà réalisé une économie de 10 % sur nos consommations, pour un objectif dans les trois ans à venir de 20 à 25 % », déclare le maire, Yann Haumé. Cette démarche innovante démontre que le développement des technologies de l’information et de la communication peut constituer un levier vers le nécessaire changement de paradigme. Y compris à l’échelle d’une collectivité rurale. « Dans le futur, la problématique de l’énergie se posera moins en termes de production qu’en termes d’usage, la mobilité décarbonée demeurant l’un des objectifs majeurs, confirme Sébastien Ramos, délégué régional chez Engie. Smarts grids et autres objets connectés faciliteront la régulation des consommations et de la production issue du mix énergétique avec la montée en puissance des énergies renouvelables. » (1) Insistant sur la complexification de la fabrique urbaine et ses exigences normatives, l’architecte Isabel Hérault estime que, « pour fabriquer la ville smart grid ready , l’urbaniste aura un rôle de chef d’orchestre au centre de toutes ces logiques d’optimisation ».

Face à cette expertise, quelle place peut prendre alors l’usager qui, comme le souligne le sociologue Stéphane Chevrier, « manifeste lui aussi le souhait de coproduire cet espace partagé qu’est la ville ? Lui qui invente tous les jours, à la vitesse sans précédent du numérique de nouveaux usages » ? Quelle liberté pour le citoyen face au phénomène croissant de collecte de données personnelles ? Peut-être participer à sa gouvernance pour que la ville intelligente ne devienne pas celle du contrôle mais demeure au service de ceux qui l’habitent.

( 1 ) 32 % de la consommation énergétique en 2030 (objectif loi de transition énergétique) contre 16 % en 2015.

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