Edito Coup de griffe

Intelligence automatique

L’intelligence avance à grands pas. Jugez-en plutôt. La ville de demain ? Intelligente. Le bâtiment du futur ? Intelligent. Le bloc béton, la peinture, la poignée de porte ? Intelligents, voyons.

Mais où se niche donc cette intelligence ? Essentiellement dans des microprocesseurs et des capteurs connectés qui emmagasinent des tonnes de données pour les agréger par la magie d’un algorithme et adapter ainsi à nos habitudes quotidiennes le service que nous apportent la ville, le bâtiment, le bloc béton, la peinture et la poignée. Et, au passage, en profiter pour développer du marketing ciblé en croisant les informations sur nos consommations et nos modes de vie.
Des philosophes présocratiques aux situationnistes, des premiers mathématiciens aux génies de la physique quantique, il y avait un continuum : l’intelligence consistait à penser contre soi-même, à remettre l’évidence en cause, à refuser les voies toutes tracées pour emprunter les chemins de traverse. Voici que, désormais, l’intelligence qualifie les engrenages les plus sophistiqués certes, mais les plus prévisibles.
Assurément, demain, tout sera connecté et automatisé. Mais rien ne nous assure que l’usage de ces nouveaux services nous rendra collectivement meilleurs. Nous avons déjà connu, dans l’Histoire, de formidables innovations utilisées pour contrôler, asservir ou détruire. C’est donc incontestablement sur l’intelligence humaine que repose notre avenir dans un monde hyperconnecté. Et, en ce domaine, rien n’est automatique !

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