Edito Coup de griffe

Insubmersible Corbu

Alerte tsunami ! C’est un véritable raz-de-marée corbuséen qui s’apprête à déferler sur l’Europe ces prochains mois, à l’occasion des commémorations du cinquantième anniversaire de la disparition du maître, à 78 ans, sur les rives de la Méditerranée, le 27 août 1965 après la baignade de trop. Corbu par-ci, Corbu par-là ; Corbu un jour, Corbu toujours : les annonces d’expositions, de livres, de DVD, de colloques, tables rondes et autres produits dérivés à l’effigie du binoclard, s’abattent déjà en rafale dans nos messageries sursaturées.

Architecte dans l’âme, polygraphe insatiable, peintre surestimé, polémiste redoutable et – hélas – pétainiste convaincu, il aura donc été tout cela à la fois. L’homme et sa part d’ombre séduisent et agacent, autant qu’ils fascinent et aveuglent. Mais, à part le génial Helvète, quel autre architecte aura ainsi cristallisé jusqu’à ce jour tant de dévotion et d’exécration mêlées ? Personnage retors et ambigu, envers les politiques autant qu’envers les femmes, il reste, pour nombre de Français, l’architecte le plus spontanément cité lorsqu’on les interroge sur le sujet…
Cinquante ans après sa mort, lorsque l’écume retombe, l’homme apparaît dans toute la complexité de ses invivables contradictions, habité de ce « noyau infracassable de nuit », si éloigné de la « ligne claire » de ses villas immaculées. Le Corbusier est bien mort : le mythe peut rester vivant.


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