Enjeux

« Initier une culture de l’innovation permanente »

Mots clés : Entreprise du BTP - Innovations

Jean-Christophe Repon , président du CCCA-BTP.

Artisan électricien âgé de 49 ans, Jean-Christophe Repon a récemment pris la tête du Comité de concertation et de coordination de l’apprentissage du secteur (CCCA-BTP). Il souhaite insuffler une nouvelle dynamique au sein du réseau de l’apprentissage afin de l’adapter aux mutations que connaît le BTP et de répondre à des enjeux comme celui de l’innovation. Jean-Christophe Repon est également président de Constructys, l’organisme paritaire collecteur agréé du BTP.

Comment a évolué le nombre d’apprentis dans les 118 CFA du réseau CCCA-BTP à l’occasion de cette rentrée 2016 ?

Cette rentrée est marquée par un arrêt de la baisse des effectifs entrants alors que nous subissions une hémorragie depuis huit ans. Mais nous devons rester prudents car la situation reste fragile. Nous prévoyons en outre un nouveau bilan pour décembre, car les entrées ont tendance à se faire de plus en plus tard dans l’année. Nous allons par ailleurs analyser les différences que nous observons entre les régions afin d’identifier leurs significations. Certains bassins d’emploi sont en effet plus porteurs que d’autres économiquement, et certaines régions plus dynamiques dans leur politique en faveur de l’apprentissage. Nous espérons donc bien sûr profiter du début de reprise dans le secteur. Mais il s’agit aussi de tirer les enseignements de la crise que nous venons de traverser : nous allons nous remettre en cause pour adapter notre outil de formation au contexte.

Quelles évolutions envisagez-vous durant votre mandat ?

Nous resterons axés sur l’apprentissage, voie de formation d’excellence pour les jeunes concernant l’acquisition des compétences de nos compagnons. Mais, aujourd’hui, le CFA ne peut plus être efficace en se cantonnant au seul rôle de centre d’apprentis. Pourquoi, dès lors, ne pas ouvrir également les CFA à des salariés, des chômeurs, ou encore des personnes en reconversion ? Nous pourrions, de plus, élargir notre bouquet de services en direction des artisans, PME, ETI, voire des grands groupes. Nous devons aussi pouvoir répondre à de nouveaux enjeux, notamment en initiant une culture de l’innovation permanente au sein du réseau. Nous pourrions ainsi nous ouvrir davantage à des partenaires innovants, comme les pépinières d’entreprises et les start-up.

De quelle manière comptez-vous attirer les jeunes ?

Nous devons tenir compte de la mutation que connaît le secteur avec, par exemple, la transition énergétique ou le BIM [ building information modeling ]. Les jeunes de la « génération Z » ne se satisfont pas d’un enseignement de type descendant. Nous devons ainsi, tout en maintenant la qualité de la formation dans les CFA, adopter de nouvelles méthodes dans un esprit plus collaboratif et plus interactif. Les jeunes y sont en effet plus réceptifs. Autre projet : démontrer notre capacité à avoir un réseau d’apprentis qui se forment au sein de l’Union européenne. Nous souhaitons également être davantage investis dans les Olympiades des métiers.

Vous êtes également président de Constructys. Que va apporter cette « double casquette » à la branche ?

Nous disposons de deux outils qui travaillent concomitamment, mais parfois chacun de leur côté. Il paraissait logique, pour les partenaires sociaux, de les rapprocher. Cette double présidence va ainsi permettre de trouver des synergies entre la formation initiale et la formation continue, et de reconquérir le monde de l’entreprise pour le rapprocher de l’apprentissage.

Le gouvernement a fixé un objectif de 500 000 apprentis – tous secteurs confondus – en 2017. Est-il atteignable ?

Les études dont nous disposons ne prouvent pas que nous ayons besoin de 500 000 apprentis. Le CCCA-BTP ne s’est pas assigné pour mission d’avoir le plus d’apprentis possible mais de s’adapter aux besoins du secteur. S’il ne faut que 60 000 apprentis du BTP formés pour répondre aux besoins de main-

d’œuvre qualifiée, alors nous n’en formerons que 60 000 ! L’idée n’est pas de former de futurs chômeurs. Peut-être devons-nous accepter que nous ne retrouverons pas les volumes d’apprentis que nous connaissions il y a dix ans.

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