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« Ingénieristes, architectes et économistes devraient s’asseoir à la même table »

Mots clés : Architecte - Conception

Questions à Dominique Sutra del Galy, président de Cinov.

Le président réélu de la Fédération des syndicats des métiers de la prestation intellectuelle du conseil, de l’ingénierie et du numérique (Cinov) s’affirme, dans cette période de crise, comme un acteur de rassemblement.

Vous venez d’être réélu à la tête de la fédération Cinov. Quelles orientations donnerez-vous à votre mandat?

En me renouvelant leur confiance, les adhérents vont me permettre d’aller plus loin. Je vais poursuivre le développement des réseaux professionnels qui font la force de notre fédération. Devant les enjeux de la représentativité et des regroupements de branches voulus par l’Etat, Cinov s’affirme comme un acteur de rassemblement. Par exemple, le Syndicat professionnel de la perméabilité à l’air des bâtiments (Syneole) nous a récemment rejoints en tant que groupement affilié. Nous devons continuer à intégrer de telles structures, fondées sur des logiques de métiers et de filières, avec un travail en mode « projet » et non plus en mode « silo ». C’est le cas pour la maquette numérique (BIM), dont le groupe de travail réunissait les ingénieristes de la construction, du numérique et du management. Cette collaboration intersyndicale nous a aussi permis de faire entendre notre voix dans les groupes de travail « Objectifs 500 000 » du gouvernement, et, aujourd’hui, auprès du Conseil supérieur de la construction.

Toutes les professions touchant à l’ingénierie de la construction peuvent-elles parler d’une seule voix ?

Je formule ce vœu. J’aimerais que Cinov contribue à franchir les fossés entre les ingénieristes, les architectes et les économistes de la construction. Nous sommes actuellement en décohésion alors que nous devrions, pour défendre les nombreuses valeurs que nous avons en commun, être tous assis à la même table. Nous serions plus forts tous ensemble, surtout pour traverser la période de mutation présente.

Dans quelle situation se trouvent les ingénieristes ?

La baisse d’activité a atteint 5 % en 2014 et nous devrions subir la même chute cette année. Des adhérents ont même connu des baisses de 20 à 40 % de leur chiffre d’affaires. Sur certaines prestations, notamment dans les infrastructures, les taux d’honoraires sont passés sous le niveau de 1 % ! La situation n’est plus tenable.

Comment enrayer cette spirale descendante ?

Nous sommes arrivés au bout d’un système. Nous ne devrions plus parler en termes de taux d’honoraires, mais en termes de services, et donc de prestations et de temps passé, pour que nos maîtres d’ouvrage puissent avoir une meilleure lecture des offres et choisir la meilleure. Alors que les projets se font rares, nous devons rebondir sur des logiques de qualité. Je suis également persuadé que nos clients ont intérêt à s’appuyer sur des compétences d’ingénierie regroupées et non plus atomisées. Cela tout en intégrant la logique de coût global, dans laquelle l’ingénierie doit affirmer sa présence, y compris dans les phases d’exploitation.

Les ingénieristes profitent-ils de cette période de creux pour se former à nouveau ?

Oui, mais la réforme de la formation professionnelle en cours, qui oriente les fonds sur les publics les moins formés, restreint les aides sur nos actions spécifiques, exigeant ainsi un effort financier de nos entreprises. Cinov continuera néanmoins à se battre pour valoriser des actions collectives à forte valeur ajoutée. Nous venons d’ailleurs de mettre en place une action collective aidée agréant une formation sur le BIM.

Retrouvez l’intégralité de l’interviewsur www.lemoniteur.fr/cinov

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