Architecture Technique Informatique

Incontournables tablettes

Mots clés : Conception - Informatique

La gestion des constructions se dématérialise. Sur le terrain, l’iPad et ses concurrents accélèrent et simplifient le travail des ingénieurs de chantier.

«Avec une tablette, le travail est simple et très efficace. » Frédéric Palamenga, conducteur de travaux chez Demathieu Bard, en est convaincu. L’application Kaliti qu’il utilise aujourd’hui édite automatiquement les fiches de contrôle du suivi qualité pour une importante réhabilitation énergétique du patrimoine sud de Meurthe-et-Moselle Habitat (447 logements sur 5 communes). Hier, en 2012, il était déjà l’un des premiers à tester ce type d’application lors de la construction d’un centre commercial de 27 200 m² à Roppenheim, en Alsace. A l’époque, seule la levée des réserves était traitée électroniquement avec FinalCAD sur plusieurs iPad synchronisés. « Cela nous a fait gagner un temps considérable pour lister les problèmes, les adresser aux entreprises, orchestrer et rationaliser les interventions », rappelle Frédéric Palamenga. Par la suite, Demathieu Bard a étendu les usages au suivi de chantier et aux contrôles qualité, avec des applications telles que FinalCAD, conjectMI/OPR6 ou Kaliti, au libre choix de chaque responsable de chantier.

Apparues en 2010 avec l’iPad d’Apple, suivi par une nouvelle génération de support PC de type Samsung, les tablettes ont débarqué sur le terrain pour conduire de très gros programmes autant que des petits projets. Avec le temps, les applications se sont multipliées et tous les volets du chantier sont traités en continu, depuis les fondations jusqu’à la garantie de parfait (suite p. 102) (suite de la p. 101) achèvement, voire au-delà pour l’exploitation. Au menu : gestion du projet et des documents, des approvisionnements et des stocks, opérations préalables à la réception (OPR) et gestion des réserves, liste des inspections, suivi des contrôles, situations de travaux, rapports et tableaux de pilotage. Le recours aux abaques de saisie, champs préremplis, menus déroulants, bibliothèques de commentaires ou check-list, facilite la saisie. Le gain de temps est estimé à 50 % ou 60 % selon les utilisateurs.
Le principe est simple. Les plans du chantier sont chargés dans la base de données Cloud après avoir été nettoyés des éléments inutiles et maillés dans un découpage identifiant les niveaux et les zones du bâti. Le transfert s’effectue au format DWG, rarement en PDF. Demain, on pourra aussi recourir aux IFC (Industry Foundation Classes) de la maquette numérique gérée par le BIM. Au fil du chantier, les intervenants enrichissent collaborativement ce support de données. Il suffit de se positionner sur le plan, pointer un commentaire, joindre éventuellement une photo, indiquer des dates et des délais. Les données sont ensuite synchronisées sur le serveur Cloud, via des connexions radio de type Wi-Fi, téléphonique 3G/4G ou filaires en RJ45. Les états ou les listes extraites sont édités par lot, corps d’état, titulaire du marché, puis transmises aux intervenants. Enfin, les données peuvent être consolidées dans des observatoires qui font ressortir les lots les plus pathogènes.

Une douzaine d’applications téléchargeables.

La banalisation des tablettes a fait émerger de nombreuses start-up, dont la plupart ont été créées par de jeunes ingénieurs du bâtiment. Une douzaine d’applications se disputent ce marché émergent, téléchargeables sur iTunes, Google Play Store, ou plus rarement Windows Store. Les principales, dont certaines sont à Batimat, se nomment Air-Bat, BatiScript (hall 5B, stand L81), BulldozAIR (hall 5B, stand N50), conjectMI/OPR6, FinalCAD (hall 5B, stand L27), Kaliti (hall 5B, stand N73), MétalContacts ou WizzCAD.

Leurs différences tiennent à leur ergonomie et à l’étendue des fonctionnalités proposées : de la simple gestion de formulaires au suivi complet du chantier. Le prix facturé à l’usage dépend de la surface du chantier à traiter, de 0,20 euro par mètre carré à 2 euros par mètre carré. En parallèle, les éditeurs proposent un service de traitement des plans. C’est, par exemple, la seule source de revenus de FinalCAD dont l’application est exploitable gratuitement pour de petits chantiers. L’équipe vient aussi de commercialiser une application de nettoyage automatique fonctionnant sous AutoCAD.
La tablette la plus populaire est l’iPad mini. Les appareils durcis sont rares, la plupart des utilisateurs leur préfèrent un appareil standard protégé par une coque étanche avec une lanière de soutien. « En trois ans, les applications se sont multipliées et ont énormément évolué, estime Frédéric Palamenga. Elles remplissent parfaitement leur rôle sur le chantier. Seul leur coût encore élevé restreint leur usage à des programmes importants. »

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« Tout est pensé pour aller vite en gagnant en efficacité »

Nous utilisons actuellement l’application FinalCAD pour gérer la construction de 28 logements à Paris XVIIIe pour Cogedim. Le traitement et l’affichage des plans sont rapides, les fonctionnalités sont claires, l’ensemble du dossier est bien appréhendé. C’est le troisième chantier que nous suivons avec cette application, auparavant nous avions recours à OPR6.
J’apprécie ce travail sur tablette, où tout est pensé pour aller vite en gagnant en efficacité. L’application est utilisée dès le gros œuvre. Les plans ont été téléchargés avec les pré-études et les précontrôles. Le système fonctionne à partir d’une check-list, c’est pratique pour ne rien oublier et se concentrer sur les points les plus importants du ferraillage par exemple. Les contrôles sont ciblés et pertinents.
Toutes les notes sont enregistrées dans la base de données, les listings sont clairs, rapidement édités puis envoyés au format Excel ou PDF au maître d’ouvrage et aux entreprises. En fin de chantier, la tablette assure un meilleur suivi lors de la réalisation des opérations préalables à la réception puis à la levée des réserves, souvent fastidieuse sur papier.

Maxime Pinon, 26 ans, ingénieur travaux chez Léon Grosse

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