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In’Air Solutions traque les polluants de l’air

La société a mis au point un analyseur qui piège l’ennemi des gestionnaires de bâtiment public : le formaldéhyde.

In’Air Solutions. Les trois mots synthétisent parfaitement la vocation de la jeune et bien nommée entreprise strasbourgeoise : concevoir un appareil qui optimise la mesure de la qualité de l’air intérieur et l’interprétation des résultats de concentration, afin d’améliorer la détection des sources de pollution dans le bâtiment. « Notre prototype est techniquement au point, nous continuons à le miniaturiser au sein d’un programme européen de R & D, et nous préparons son industrialisation d’ici à la fin de l’année », expose Stéphanette Englaro, la présidente de cette jeune pousse de cinq personnes. La start-up est née en août 2013 de la rencontre entre Stéphane Le Calvé, ponte du formaldéhyde, et Pierre Bernhardt, ingénieur électronicien, tous deux scientifiques dans un laboratoire de chimie de l’université de Strasbourg et du CNRS. D’autres membres de ce laboratoire les ont suivis dans l’aventure de la création d’entreprise.

L’analyseur d’In’Air s’attaque en premier lieu au formaldéhyde, le polluant le plus répandu. La start-up fait réagir l’air ambiant avec un liquide à la composition top secrète – « notre recette Coca-Cola », sourit la dirigeante. La réaction physico-chimique ainsi engendrée permet de piéger les molécules du formaldéhyde, d’ordinaire si difficile à fixer. Un signal électronique est alors déclenché, qui permet de lire les résultats de mesure et de les interpréter.

Un outil qui garantit une « précision sans égale ».

Pour se différencier de la concurrence, In’Air Solutions plaide de nombreux avantages comparatifs, validés par des laboratoires extérieurs : mesure en continu pour un résultat à l’instant T « et non une moyenne », apporté en dix minutes « et non pas au bout de cinq jours », précision « sans égale » et détection « à un niveau de concentration infinitésimal de 1 microgramme/m3 ». Certains de ces avantages apporteraient une aide à la gestion des bâtiments. Par exemple, si le pic s’observe aux heures de nettoyage, cela peut signifier que la pollution vient des produits d’entretien. On peut également savoir, dans une école, si le fait de couper le système de ventilation pendant la récréation est efficace ou non.
Pour financer ses développements sans devoir se préoccuper de générer du chiffre d’affaires, In’Air Solutions a levé 1,2 million d’euros fin 2015, auprès de Cap’Innov Est, un fonds public interrégional d’amorçage. Elle prépare un autre tour de table cette année, dans la mesure où la perspective de courants d’affaires, certes prometteuse, est repoussée dans le temps, du fait du report des obligations de mesure de la qualité de l’air dans les établissements recevant du public. Les cibles principales de clientèle sont les laboratoires industriels de développement de matériaux, et les bureaux d’études.

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L’avis de l’expert

Pépite. « L’analyseur présente deux atouts majeurs : la mesure en continu des concentrations de formaldéhyde, ce qui améliore grandement la recherche des sources, et la précision de cette mesure, pour adopter la meilleure réaction en fonction des différentes valeurs repères du Haut conseil de la santé publique. Sa miniaturisation résout l’inconvénient initial des importantes quantités de liquide réactif à récupérer. Le différé au 1er janvier 2018 de la surveillance de la qualité de l’air intérieur dans de premiers ERP peut retarder le décollage d’activité, sans pour autant remettre en cause la pertinence technologique. »

Pierre Deroubaix, ingénieur au Service bâtiment de l’Ademe.

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1,2 million d’euros Levée de fonds fin 2015.
3 Le nombre de brevets déposés par In’Air Solutions.

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