Aménagement

Il n’y a rien de plus intelligent et de plus durable qu’une ville

Parler de « smart » et de « city » relève plus d’un pléonasme que d’une quelconque forme de modernité du propos, même anglicisé, tant les territoires n’ont pas attendu le concept marketing de « Smarter City » pour être intelligents et durables.

Nous pourrions tout autant parler de « territoire d’intel-ligenceS » :

– « Territoire » d’abord, car cela ne concerne pas que l’espace géographique des villes-centre, mais souvent de toute leur aire urbaine. Aussi car il n’y a pas que les villes « monde » et autres mégalopoles qui engagent des réflexions et construisent des projets smart. De nombreux élus de territoires ruraux ou de petites communes engagent ces démarches avec beaucoup de pertinence comme l’a expliqué Cédric Verpeaux dans son rapport Smart city vs Stupid village.

– « IntelligenceS », ensuite car comme l’évoque souvent Jean Rottner, maire de Mulhouse, la smart city c’est d’abord faire vivre toutes les intelligences locales, de la collectivité aux citoyens, des associations aux entreprises, des partenaires institutionnels aux collectifs informels.

Si le sujet est devenu de plus en plus présent ces dernières années, c’est très largement dû à l’accélération de la rencontre entre pratiques nouvelles, enjeux vitaux et innovations technologiques.

Les défis du XXIe siècle, en ce qu’ils sont plus globaux, s’imposent avec plus de force et plus d’urgence . Selon l’ONU, les villes accueilleront 66 % de l’humanité en 2050, la résilience et les changements climatiques imposent de modifier non seulement nos modes de vie, de faire, de penser, d’agir. Enfin, l’exigence démocratique implique de repenser les outils de la citoyenneté avec et par le numérique.

Parallèlement à ces défis, les progrès technologiques s’accélèrent . La connectivité s’accroît avec de nouveaux réseaux (4 et 5 G, fibre…) et de nouveaux outils (smartphones, objets connectés…), l’intelligence artificielle se développe et les services sont rendus plus simples et plus accessibles par leur « plateformisation ».

Mais les dérives potentielles ne sont pas nulles : déshumanisation ou privatisation de la ville, choix de vie algorithmés ne laissant plus de place à l’esprit critique, à l’étonnement, à l’interrogation, à l’émerveillement. Ces dérives potentielles renforcent la défiance des citoyens dans les technologies et l’usage des données, en particulier personnelles. Il faut donc s’assurer que le numérique reste un outil au service d’une politique publique pour lever ces inquiétudes, et permettre l’entrée de la France dans l’ère de la ville de demain.

Surtout notre pays dispose d’atouts indéniables . Nos territoires sont forts, dotés de compétences claires et affirmées, notamment au niveau intercommunal et régional. Ils pourront donc s’appuyer sur les compétences qui existent déjà dans notre tissu d’entreprises (grands groupes, PME, start-ups) et sur l’appétence des citoyens, des décideurs publics et privés à s’engager quand les enjeux concernent l’amélioration de leur vie quotidienne et la qualité des services.

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