Régions

Hubert Falco maire de Toulon, président de toulon provence méditerranée « Toulon a une vocation métropolitaine »

Mots clés : Aménagement du territoire - Collectivités locales - Création d'entreprise - Services urbains - Situation économique - Transport collectif urbain

Le secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire, aux commandes de Toulon Provence Méditerranée (TPM) et de la ville centre depuis 2001, poursuit une stratégie de création d’un troisième pôle fort de développement économique sur la façade littorale de la région Paca.

TPM est une jeune communauté d’agglomération. Quel bilan tirez-vous de sa création ?

Il faut bien voir d’où nous venons : en 2001, Toulon était isolée, montrée du doigt ; avec les communes environnantes, régnait l’ignorance, au pire la concurrence. Nous avons réussi à changer cela, en nous réunissant à onze, autour de la ville centre qui donne aujourd’hui l’élan au territoire sans pénaliser les petites communes. Et les résultats sont là : notre attractivité s’est renforcée ; nous sommes porteurs du pôle de compétitivité mer Paca à vocation mondiale ; nous disposons, avec le réseau Mistral, du seul réseau de transports en commun en France à exploiter en permanence des navettes maritimes empruntées par 1,4 million de passagers par an ; nous venons de boucler un Scot à 31 communes et il n’y en a que 20 en France, couvrant 10 % du territoire.

Vous présidez le comité de pilotage du Grand projet rade, dix grandes opérations d’investissement projetées sur la rade de Toulon. Quelle est votre vision de ce dossier ?

Nous disposons d’atouts que Nice et Marseille n’ont pas et qui peuvent nous hisser au statut de troisième métropole de Paca, préconisée par le comité Balladur. Notre ambition est de territorialiser le pôle de compétitivité mer Paca sur un grand espace urbain et maritime tout en mettant en place, pour les habitants et les entreprises, une politique d’accompagnement forte : développement du pôle universitaire, de l’habitat, de l’offre sportive et culturelle, préservation de l’environnement. Les différentes composantes de ce Grand projet rade sont en gestation ; nous avons commencé, pour le technopôle, à acquérir du foncier à Saint-Mandrier, à Ollioules. Nous voulons aussi développer la zone de Brégaillon à La Seyne, tête de pont du pôle mer. Et nous verrons le moment venu s’il doit y avoir un portage national ou régional pour ce grand dessein.

Où en êtes-vous du dossier du transport en site propre ?

Sur le TCSP, je suis très clair : Toulon est dans une situation géographique particulière, coincée entre le Faron et la mer avec deux autoroutes qui se jettent dans la ville et seulement deux axes pour la traverser, l’avenue de la République et le boulevard de Strasbourg. Face à cette situation, il a été décidé de réaliser une traversée souterraine, un chantier de près 15 ans et d’un milliard d’euros qu’il faut maintenant terminer et qui nous permettra d’ôter de la surface 70 000 véhicules par jour et 1 800 poids lourds. Dans ce contexte, et sans les deux tubes du tunnel, il aurait été impossible de mettre en place un tramway et des rails, au risque de totalement paralyser la ville. Pour autant, Toulon sera bien dotée d’un TCSP de La Garde à Ollioules le moment venu ; c’est indispensable et nous y travaillons depuis cinq ans et une première tranche fonctionnera en 2014.

Quel en sera le mode ?

Je souhaite une solution plus souple, plus mobile que le rail pour accéder notamment à la gare et au port, exigeant des travaux moins lourds et qui permette de transporter le maximum de passagers. La technologie a évolué et je constate que de plus en plus de villes optent pour le bus way, le BHNS qui, comme le tramway, respecte l’environnement. A l’horizon 2012, quand le deuxième tube sera en service, nous ferons un choix définitif.

Quelle est votre position sur la LGV Paca ?

Ce projet est indispensable et il y a un débat qui s’est figé à tort sur des tracés et non sur des faisceaux. Le rapport d’Yves Cousquer va être rendu et un tracé sera arrêté. Il est évident qu’au début ma préférence allait à celui des métropoles mais il se heurte à des problèmes de coût, d’environnement. La solution proposée va prendre en compte les intérêts des territoires et permettra d’avancer sur ce dossier, inscrit dans le Grenelle de l’environnement.

TPM sera-t-elle la 17e communauté urbaine en France ?

C’est trop tôt pour le dire mais cela se fera – même si politiquement c’est un peu difficile – car il y a une logique et une complémentarité des territoires. La Crau arrive, Evenos va arriver et nous allons continuer à nous agrandir, naturellement.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

CHIFFRES CLÉS

Toulon Provence Méditerranée

11 communes sur 32 900 ha

430 000 habitants

140 000 emplois

13 000 étudiants

440 millions d’euros au budget primitif 2009)

ENCADRE

Parcours

1947 : naissance à Pignans (Var), trois enfants, chef d’entreprise (PME), élu pour la première fois conseiller municipal à Pignans en 1971.

1983 : maire de Pignans.

1988 : député du Var (réélu en 1993).

1994 : président du conseil général du Var (réélu en 2001).

1995 : sénateur du Var.

2001 : maire de Toulon.

2002 : président de Toulon Provence Méditerranée et secrétaire d’Etat aux Personnes âgées dans le gouvernement Raffarin.

2004 : ministre délégué aux Personnes âgées dans le gouvernement Raffarin.

2008 : réélu maire de Toulon, nommé secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire du gouvernement Fillon.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X