Edito

Hommes de l’art, hommes de loi

Les gens du BTP connaissent bien les élus. Et vice versa . Pour mener à bien des projets (de la salle polyvalente à la LGV) ou pour faire évoluer des textes (du PLU aux lois), ces deux populations se parlent, se côtoient, se confrontent parfois. Mais elles ne se mélangent pas vraiment.

Il suffit de se pencher sur la composition de la nouvelle Assemblée nationale pour prendre la mesure du phénomène. A l’exception notable de ceux issus des collectivités territoriales, férus d’urbanisme, d’aménagement ou de marchés publics, les professionnels de la construction se font rares dans l’hémicycle. Un épluchage patient des CV des 577 députés de la nouvelle chambre mené par « Le Moniteur » se solde par une bien maigre moisson : une poignée d’acteurs de l’immobilier, quatre avocats spécialisés, trois urbanistes… Le grand renouvellement n’est pas passé par la construction.

Pourtant, une connaissance concrète des enjeux du BTP serait rapidement utile aux nouveaux parlementaires. Dès cet été, lors des discussions sur le Code du travail et le compte pénibilité. A l’automne, à l’occasion de l’examen de la grande loi sur le logement. Puis quand il faudra amender la loi de finances et décider, par exemple, des dotations aux collectivités.

Le grand renouvellement de l’hémicycle n’est pas passé par la construction.

Fort heureusement, des exceptions existent. Sur les bancs du Palais Bourbon siège désormais Patrick Mignola, député de Savoie et P-DG d’un groupe familial spécialisé dans les revêtements de sol (lire p. 9) . Une double casquette que, en parcourant la France, on parvient à dénicher aux différents échelons. Dans les prochaines semaines, vous ferez ainsi la connaissance d’une charpentière conseillère départementale, d’un maire maçon, d’une plombière adjointe au maire…

Tous entendent mettre leur expertise spécifique au profit de l’intérêt général. Tous cherchent la meilleure manière de concilier leur mandat et leur métier. Tous gardent à l’esprit d’éviter le mélange des genres et les situations schizophrènes. Mais tous veulent œuvrer à mettre les questions de construction, d’habitat et d’urbanisme au cœur de la cité.

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