Réalisations ELBPHILHARMONIE HAMBOURG

HERZOG & DE MEURON

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE - Hôtels et pensions de famille - Manifestations culturelles - Politique du logement - Produits et matériaux - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

Au-dessus de l’Elbe, en surélévation d’un ancien entrepôt en brique, la Philharmonie de Hambourg est devenue l’emblème de la ville. Son enveloppe en verre, en creux et en bosses avec sa crête ondulante, enserre deux auditoriums, entre un hôtel et des appartements luxueux.

Dans « La sève du baroque » (1969), René Huyghe établit cette distinction : « Le classique, tendant à la définition fixe, est de type “architectural” ; le baroque, excitant des perceptions émotives et mouvantes, est de type “musical”. » Une définition du baroque qui sied particulièrement à l’Elbphilharmonie, du fait de son aspect général mais également de ses excès de formes et de matières. En effet, depuis la ville ou le fleuve, au-dessus du monumental socle en brique d’un ancien entrepôt portuaire, son volume couronné de vagues, aux parois ondulantes ponctuées de balcons en forme de diapasons et nimbées de sérigraphies, exhibe un certain maniérisme. Cette cosse de verre revêt une exploration formelle et technique audacieuse mais coûteuse – environ 50 millions d’euros. Fortement exposés aux vents, les 1 100 panneaux de verre, dont un tiers sont bombés, se composent de quatre couches laminées avec une protection solaire et un décor de pixels pour limiter le rayonnement solaire, avec une face extérieure chromée miroitante. Irrégulière, cette enveloppe semble avoir reçu de multiples chocs, avec des trouées soulignées de coques en polyester en guise de balcons. En outre, cette peau réagit aux humeurs du ciel hambourgeois, extrêmement changeant dans la journée. Détail savoureux cependant, les courbes autorisent des volets pivotants cachés pour ventiler les espaces périphériques, chambres d’hôtel, appartements et foyers des salles de concerts.

Promenade sur le toit

Hambourg aura payé le prix fort – plus de 865 millions d’euros au total – et attendu longtemps avant que la Laeiszhalle datant de 1908 soit enfin relayée par une salle contemporaine d’envergure internationale. Depuis son ouverture, en janvier, l’équipement ne désemplit pas, avec plusieurs concerts complets par jour et un public nombreux venu s’approprier la promenade panoramique à 37 m de haut, sur le toit de l’ancien entrepôt. L’accès de la ville à cette plaza haute est réalisé par un tube de 80 m de long imperceptible depuis le parvis bas. Ce grand escalator incurvé ne laisse pas deviner le palier intermédiaire d’arrivée avec une première fenêtre sur la ville. Un second escalator est relayé par des emmarchements. Là, à 37 m, le public peut déambuler en périphérie de l’équipement, tandis que deux larges escaliers sculpturaux conduisent chacun aux salles de concerts très « kapooriennes » : des échancrures blanches sont opérées dans la façade, vortex spatiaux dont une réplique aurait été appréciée pour marquer l’entrée au niveau de la ville. Celle-ci est en effet seulement caractérisée par une fente horizontale qui associe sans distinction entrée-billetterie, accès à la et aux parkings. Perceptibles depuis l’autre rive, ces béances sont parées de hauts voilages en...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 259 du 18/04/2017
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