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Hervé, la PME qui a su se faire un nom

Mots clés : Entreprise du BTP - Gros oeuvre - PME

L’entreprise de gros œuvre de Mantes-la-Jolie remporte de gros marchés face aux majors du BTP.

Hervé SA, c’est la saga d’une PME de Mantes-la-Jolie (Yvelines) qui a pu s’imposer dans la cour des majors du BTP. Sous leur nez, elle a réussi à forcer le destin en obtenant un chantier au long cours (2005-2016), tout juste terminé : la réhabilitation de 3 200 cellules de la prison de Fleury-Mérogis (192 millions d’euros). « Notre offre était de 8 % inférieure à celles des majors », explique Jean-Michel Salvador, président du directoire. Autre chantier : la construction, avec TAV, du siège d’Aéroports de Paris à Roissy (87 millions). Là encore, l’entreprise était moins-disante. Il faut dire qu’Hervé SA avait déjà travaillé avec ces deux maîtres d’ouvrage sur des marchés plus limités : « La confiance, essentielle entre donneur d’ordre et entreprise, a crédibilisé nos offres. »

Obligation de résultat.

Raisons immédiates de ces succès : une forte implication du personnel, un bureau d’études performant (25 personnes), une chaîne de commandement courte. Les motifs plus lointains tiennent au parcours universitaire et professionnel de Jean-Michel Salvador aux Etats-Unis : « J’avais, là-bas, une obligation de résultat. » A la tête d’Hervé SA, fondée par son grand-père maternel en 1946, Jean-Michel Salvador (59 ans, ESTP, master de génie civil, Université du Michigan) possède une expérience significative de cinq ans dans le BTP à New York et en Floride (1981-1985). Il en garde la mentalité conquérante. « Aux Etats-Unis, tous les rêves sont possibles. Un Français peut hésiter à s’attaquer aux majors du BTP, pas un Américain. »

Revenu en France en 1986, le jeune dirigeant se forme dans les entreprises du groupe. « Etre membre de la famille ne suffisait pas pour diriger la société. Il fallait faire ses preuves. » Devenu directeur général (1997), puis président du directoire (2001), il conserve les méthodes de travail d’Hervé SA, pilotée alors par sa mère, Renée Salvador-Hervé : études poussées, souci du détail, proximité du client, chefs de chantier confirmés. Il y ajoute les siennes : le développement à l’international – Pologne, Roumanie, Russie – et l’élargissement des compétences techniques de la PME en musclant le bureau d’études (électricité, thermique, façades). « Nous avions désormais un savoir-faire complet pour prendre en compte toutes les solutions possibles », estime le dirigeant. Hervé SA s’attaque, dès lors, aux gros marchés et monte en puissance : 73 millions de chiffre d’affaires en 1997, un peu moins de 110 millions aujourd’hui (pour plus de 250 salariés), répartis pour moitié entre logements et tertiaire.
S’il joue désormais dans la cour des grands, Jean-Michel Salvador n’en demeure pas moins modeste, attaché à une conviction : il faut rester dans sa sphère de compétences. « Nous ne ferions pas le Stade de France », avoue-t-il. En tout cas, les majors n’ont pas fini d’entendre parler d’Hervé SA. Michaël Salvador, le fils aîné, prépare actuellement aux Etats-Unis un PhD de génie civil : la relève est assurée.

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