Territoires Marseille

Habitat social participatif sur la Friche La Belle de Mai

Mots clés : Logement social

Une opération d’une vingtaine de logements locatifs sociaux mise au point dans le cadre d’une démarche d’habitat participatif : c’est l’expérience novatrice dans l’univers très normé du logement social que mène la société coopérative d’intérêt collectif (Scic) Friche La Belle de Mai, aménageur des anciens bâtiments de la Seita, dans le 3e arrondissement de Marseille. Ses partenaires sont le bailleur social Maison familiale de Provence, l’architecte Kristell Filotico, associée à Cécile Gaudoin, et un collectif d’habitants « Belle de Mai », constitué pour participer en amont à l’élaboration du projet. « L’idée de départ a été de prolonger la mixité sociale, culturelle, urbaine de la friche avec la matière première des villes : l’habitat. Mais en imaginant une autre manière de vivre ensemble qui permette aux habitants de s’approprier les lieux qu’ils vont occuper », confirme Alain Arnaudet, directeur général de la Scic Friche La Belle de Mai.

La maîtrise d’usage au cœur du projet.

Dans ce quartier de 4 ha dédié à la création artistique et culturelle, le lieu choisi est une parcelle de 1 000 m² entre le parking et la crèche, actuellement occupée par la maison du gardien. Le programme prévoit 26 logements sociaux (surtout du PLAI), avec pour objectif de réunir dans un même immeuble des familles (20 logements), des étudiants ou apprentis (1 logement en colocation) et des artistes (5 logements). Et, malgré la complexité de la démarche, les acteurs vont réussir à créer une dynamique de coproduction autour de ce projet. Né en 2015, le collectif épaulé par une AMO (assistance à maîtrise d’ouvrage) et des accompagnateurs artistiques est devenu, au fil du temps, un groupe solide et diversifié de 25 familles qui participe à des réunions mensuelles, des ateliers débats et des groupes de travail. « Après la mise au point d’un préprogramme, leurs représentants ont été associés au choix de l’équipe de maîtrise d’œuvre en avril dernier, dans le cadre du concours », précise Gabriele Fages, responsable de programmes à Maison familiale de Provence.

Prochainement, l’équipe de Kristell Filotico présentera une première esquisse du projet. « Avant même de l’élaborer, nous avons travaillé avec chaque foyer sur leurs nécessités, leurs envies, leurs rêves, qu’il s’agisse de l’aspect collectif du bâtiment où des attentes concernant les logements individuels. La maîtrise d’usage est au cœur de notre démarche », précise l’architecte.
Le projet qui se dessine est un bâtiment béton de 2 000 m² de plancher, « déstandardisé » avec une toiture-terrasse et 150 m² d’espaces partagés favorisant le vivre ensemble (salle commune, espaces de rencontre dans les coursives, etc.), des logements modulables, économes en charges (le projet est en démarche BDM niveau argent). Mais il devra s’inscrire dans la stricte enveloppe financière du maître d’ouvrage (1 300 euros/m² Shab). Autre contrainte : la gestion des attributions. Pour ne pas léser ceux qui auront été acteurs du projet, une précommission d’attribution a été créée et leurs dossiers ont été validés. De même, il n’y aura pas de contingents réservataires, hormis celui de l’Etat.

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