Gestion

Guisnel fait le pari de la complète autonomie

Poids lourds.
Ce loueur de camions a inauguré un nouvel atelier en capacité d’intervenir aussi bien sur les moteurs que sur la carrosserie. Son objectif est de réduire la durée d’immobilisation.

«C‘est plus qu’un outil, c’est une stratégie. » Après avoir consenti un investissement de 3 millions d’euros, Yann Guisnel, PDG du groupe Guisnel, pense tenir, avec son nouvel atelier de Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), un équipement capable d’améliorer son efficacité. C’est la pièce maîtresse d’une de ses sociétés, Guisnel Services, dont l’objectif premier est d’entretenir le parc de deux autres entités : Guisnel Distribution, société de transport de meubles, et Guisnel Location, loueur longue durée de véhicules. D’un côté, 300 véhicules dont 100 tracteurs ; de l’autre, 600 camions, essentiellement des porteurs, dont beaucoup de bennes et de plateaux équipés d’une grue auxiliaire, spécialité de Guisnel. « Ces deux types de camions ont dicté le cahier de charges du bâtiment, se souvient Thierry Delanoë, directeur technique. Pour le transport de meubles, nous anticipons le futur gabarit à 25,50 m : les travées font 26 m de long. Pour le BTP, nous voulons pouvoir déployer nos grues auxiliaires à l’intérieur. Or la verrière est à 8 m de haut. » Cela signifie que Guisnel Services compte intervenir également sur les remorques et les accessoires. C’est même l’idée de base de Yann Guisnel : « En tant que loueurs, nous devons immobiliser nos véhicules le moins longtemps possible. Bien sûr, nous prêtons un camion à nos clients le temps que leur véhicule passe à l’atelier, mais j’espère bien réduire cette flotte de dépannage. » Celle-ci représente tout de même une soixantaine de porteurs tout équipés… Or, à l’occasion des révisions annuelles, le camion passe chez le concessionnaire de la marque, puis chez le spécialiste des grues, et enfin chez le carrossier pour vérifier la benne. À chaque fois, c’est un délai d’attente. « Ici, nous regroupons tout : moteurs, châssis, pompes hydrauliques, carrosseries… Et même les pneus ! » résume Yann Guisnel. Cette centralisation permet d’effectuer une révision complète en deux à cinq jours. Imbattable ! Dans la boîte à gants d’un camion Guisnel Location se trouve un « carnet de constats d’anomalie » sur lequel le chauffeur doit noter tout dysfonctionnement. Sa consultation est la première étape du processus de révision. « À l’avenir, nous nous servirons de la télématique mais, pour l’instant, c’est balbutiant », anticipe Thierry Delanoë. Puis une travée est dédiée à l’inspection par le chef d’atelier, qui va lister le travail à faire. L’entretien normal est couvert par le contrat de location, mais pas la casse… D’où l’envoi d’un devis au locataire pour les pièces qui sont de sa responsabilité. Une fois celui-ci accepté, le véhicule est stationné sur une travée pour y subir toutes les interventions nécessaires, grue comprise. « Nous avons dessiné cet atelier en tenant compte des désirs des mécaniciens. Les plus anciens préfèrent travailler dans une fosse, les plus jeunes avec des colonnes de levage. Nous avons les deux. » Les équipes travaillent en deux postes le lundi, et en un seul le reste de la semaine. Yann Guisnel n’exclut pas une évolution. « Nous sous-traitons encore 45 % de l’entretien de nos camions. J’espère pouvoir diminuer ce ratio. Sans oublier que ce nouvel atelier nous apporte un savoir-faire et une expertise qui nous permettent de mieux apprécier les prestations extérieures. » Voilà les prestataires prévenus…

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ENCADRE

« Notre savoir-faire nous permet de mieux apprécier les prestations extérieures. »

Yann Guisnel, PDG du groupe Guisnel

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