Négoce

Groupements,pourquoi ils ont le vent en poupe

Plus d’une trentaine de groupements d’indépendants ou de coopératives figurent parmi les 100 premiers distributeurs bâtiment en France.

En valeur, ils comptent pour plus de 50 % du marché. Radioscopie d’un mode d’organisation dont la vigueur surprend.

Le phénomène est constant. Année après année, les acteurs du commerce associé (groupements et coopératives) confirment leur dynamisme dans le négoce. Et ce, quel que soit le secteur d’activité. Il suffit de prendre l’année 2015 et le cas du sanitaire-chauffage. D a n s u n marché atone (- 0,2 %), Algorel a enregistré une progression de son activité de 3 %, à 1,7 Md€, se calant davantage encore dans la roue du géant Saint-Gobain Distribution Bâtiment (SGDB) France et son réseau Cedeo-Brossette. Et que dire de Socoda sanitaire-chauffage, dont le chiffre d’affaires a grimpé de 4,5 %, à 210 M€, quand celui de SGDB France, au mieux, stagne.

Autre filière, même constat. Dans la quincaillerie-outillage-fournitures industrielles (quofi), là encore, les groupements font mieux que les intégrés. Sur un marché qui s’est contracté de 2 %, Fédis a bondi de 2 %, à 703 M€, quand le leader, Descours & Cabaud, a perdu 2,5 %, à 2,1 Md€. Le pôle B to B de Cofaq, lui, a enregistré une nouvelle progression de son chiffre d’affaires en 2015 (+4,3 %, à 677,9 M€).

Même sur les secteurs les plus « baissiers », comme les matériaux de construction, le modèle du groupement affiche de meilleures performances. Ainsi, en 2015, sur un marché en baisse de 5 à 7 %, la société normande Mat+ n’a accusé qu’un recul de 3 %, et Gedex, un repli de 3,5 % (à périmètre constant). Tour d’horizon des explications de la vigueur du commerce associé.

1 DES ENTREPRISES FAMILIALES INTÉGRÉES DANS LE TISSU LOCAL

Pour les négoces qui ont choisi de se regrouper, la première recette du succès est souvent la même : un patron dans son dépôt, directement intéressé aux résultats de son entreprise, est par nature plus motivé à réussir qu’un directeur, « simple exécutant et qui n’est pas forcément libre de prendre toutes les décisions », taclent-ils. « D’une manière générale, les groupements sont constitués d’entreprises familiales, analyse avec recul Michel Leroux, président du conseil de surveillance de Gedex. Les études montrent que ces entreprises familiales résistent mieux à la crise, grâce à des choix raisonnés à long terme, à une gestion prudente et à des innovations permanentes. » L’autre clé du succès tient à l’ancrage territorial de ces entreprises. « Elles connaissent, pour certaines depuis plusieurs générations, leur zone de chalandise, les collectivités locales, leurs clients… Elles font partie intégrante du tissu économique et social local », appuie Yves Martin-Delahaye, président du directoire de Gedex, qui chausse aussi pour l’occasion sa casquette de trésorier de la Fédération du commerce coopératif et associé (FCA, dont Gedex est adhérent, tout comme Cofaq). « La conséquence logique, c’est qu’elles sont créatrices d’emplois locaux et génératrices de nouvelles activités pour d’autres entreprises. Bref, elles...

Vous lisez un article de la revue Negoce n° 425 du 29/12/2016
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