Technique et chantier

Grands travaux Le futur palais de justice de Paris monte à l’assaut du ciel

Mots clés : Béton - Entreprise du BTP - Établissements pénitentiaires et judiciaires

Afin de tenir les délais serrés du chantier, Bouygues développe tout le potentiel du béton.

Deux ans, c’est le délai sur lequel s’est engagé Bouygues -Bâti-ment Ile-de-France, dans le cadre du partenariat public-privé, pour construire le nouveau palais de justice de Paris. L’immeuble de grande hauteur (IGH) culminera à 160 m et rassemblera toutes les juridictions – sauf la cour d’appel et la Cour de cassation, qui restent à leur adresse actuelle – sur un seul site, au sein de la ZAC Clichy–Batignolles, à Paris. Le bâtiment s’organisera en trois parties : le socle, de 160 m de long sur 60 m de large et 30 m de haut, abritera, sur six niveaux, les salles d’audience ainsi que l’imposante salle des pas perdus. Installée en surplomb, la partie IGH se compose de trois blocs empilés les uns sur les autres. Cet ensemble accueil-lera les bureaux des magistrats et des greffiers. Enfin, la troisième partie, appelée « le bastion » et implantée devant le socle, regroupera une prison de 200 cellules, des bureaux pour la police et des locaux techniques. L’ensemble représentera une surface totale de 160 000 m² de surface utile de planchers.

Ce bâtiment hors norme a nécessité d’importantes fondations et un radier d’un mètre d’épaisseur en moyenne. Il est divisé en sept plots, dont le plus grand a exigé de couler 3 500 m3 de béton en une journée. « Ce radier a deux fonctions, rappelle Christophe Couvras, directeur du projet chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France : diffuser les charges dans les fondations profondes et empêcher l’eau de la nappe phréatique de remonter. » Une fois le -radier réalisé, le coulage des trois noyaux de l’édifice a pu commencer. Chaque noyau correspond à l’un des blocs de l’édifice. Le noyau le plus haut, qui s’élèvera jusqu’au 39e et dernier étage, mesure 35 m de long sur 8 m de large. Le deuxième, qui atteindra le 29e étage, fait 16 m sur 8 m, tandis que le dernier, qui montera jusqu’au 19e étage, mesure 15 m sur 8 m. Chaque noyau permet ainsi de reprendre les -efforts au niveau des « tailles de guêpes ». Cette expression, spécifique au projet, désigne les niveaux où la structure se réduit à l’épaisseur du noyau. Afin d’exécuter ces noyaux, dont la géométrie change à l’endroit des tailles de guêpes, l’entreprise a opté pour un coffrage auto–glissant. Cinq jours sont ainsi nécessaires pour réaliser un étage courant, contre vingt jours pour les tailles de guêpes.

Le BIM, outil de pilotage automatisé du projet.« Sur un projet de cette ampleur, le Building Information Modeling (BIM) sert avant tout à la refonte de nos processus d’études d’exécution et de conception », indique Louis Germain de Montauzan, directeur de synthèse du projet chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Ce mode de travail collaboratif a nécessité la mise en place d’une convention BIM, qui définit les règles de modélisation. Un élément clé, quand près de 300 intervenants à travers l’Europe alimentent les différentes maquettes numériques du projet. Les 60 gigaoctets de données sont stockés sur un serveur distant dont Bouygues est propriétaire. L’ensemble est coordonné par le BIM manager du projet, Marie Blan-co, architecte chez Bouygues -Bâtiment Ile-de-France.

Adossée à sa base de données, la maquette numérique constitue un outil de pilotage automatisé des surfaces et des gabarits du projet. Un point important quand le projet compte 160 000 m² de planchers. Le BIM sert aussi à automatiser certaines tâches : les réservations sont ainsi générées grâce à un plugin spécifique lors de la modélisation des réseaux dans les structures. Un gain de temps quand 30 000 réservations sont ainsi anticipées. La livraison est prévue pour le 30 juin 2017.

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ENCADRE

160 m Hauteur du nouveau palais de justice, soit 39 étages

160 000 m² Surface utile des planchers

90 Nombre de salles d’audience

5 000 m² Surface de la salle des pas perdus

ENCADRE

Affectataire : ministère de la Justice. Maître d’ouvrage : Arelia. Architecte : Renzo Piano Building Workshop. Maître d’œuvre : Setec (gros œuvre). Entreprise générale : Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Montant du marché : 575 millions d’euros HT. Durée de la redevance prévue par le contrat : 27 ans.

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