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GRAND PROJET DE VILLE Une restructuration urbaine massive

Mots clés : Collectivités locales - Politique de la ville - Rénovation urbaine

La requalification urbaine engagée dès 1994, à Roubaix et Tourcoing, s’étend désormais aux quartiers de Lille et implique les grands bailleurs sociaux.

Dans la métropole lilloise, un habitant sur cinq (soit 220 000 personnes sur un million) vit dans les 20 quartiers de Lille, Roubaix, Tourcoing et Wattrelos retenus en 2000 pour le plus grand projet de ville (GPV) de France. Le renouvellement urbain constitue donc un enjeu majeur. Car il ne s’agit pas seulement d’intervenir sur des ZUP des années 60. Ici, c’est le coeur même de certaines villes qui s’est effondré. Roubaix et Tourcoing se sont construites au XIXe siècle autour de leurs usines. Habitat et industrie y sont étroitement imbriqués. La crise du textile a multiplié les friches. Les classes moyennes sont parties, tandis que les quartiers d’habitats anciens – constitués de petites maisons de ville – touchés par un chômage important, se sont dégradés à vive allure.

Depuis dix ans, l’objectif est de reconstruire la ville sur elle-même. Qu’a-t-on fait ? Tout ce qui pouvait améliorer l’aspect et le fonctionnement de ces quartiers : du parc urbain, de la requalification de voiries et d’espaces publics, de la rénovation de groupes scolaires, de la construction de salles de sport, d’hôtels d’entreprise ou de pôles de services publics. En 2000, la métropole a obtenu 580 millions d’euros d’investissements pour les six ans de GPV. Ce dernier a été d’abord placé sous le signe d’un travail de proximité, avec la diffusion d’équipements à l’échelle des quartiers et la requalification des espaces publics les desservant. Quelques projets plus importants ont été engagés à Lille ou Roubaix.

Pour le reste, tout le travail consiste maintenant à recycler les projets du GPV dans la logique Borloo. Celle-ci apporte un levier fondamental, celui du logement. Dans ce tissu urbain très dense, les démolitions donnent une marge de manoeuvre précieuse. Ainsi plusieurs gros dossiers sont en instance de validation auprès de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Celui du quartier Hauts Champs-Longchamp sur Hem, Roubaix et Lys-Lez-Lannoy, est avalisé. Il prévoit 125 millions d’euros d’investissement. Suivra le dossier du quartier Beaulieu, à Wattrelos, où 110 millions d’investissement sont envisagés. Sont encore en gestation le dossier de la ZUP des 3 Ponts à Roubaix, celui des quartiers Bellencontre-Pont Rompu à Tourcoing, celui du « Nouveau Mons » à Mons-en-Baroeul, et enfin le très gros dossier Lille-sud monté par la ville de Lille.

La difficile équation de la «ville renouvelée»

Dans l’agglomération lilloise, la priorité « ville renouvelée » est annoncée, dès 1992, pour corriger le développement urbain qui devra réduire l’étalement sur le territoire agricole et réinvestir les espaces sous-utilisés ou en friche qui sont l’héritage des villes des grandes industries du charbon, de l’acier et du textile.

« Ce recyclage foncier qui est le fondement opérationnel de la ville renouvelée à l’échelle du territoire de Lille-Métropole dans sa globalité, est problématique en termes économiques, explique Pierre Lemonier, directeur du grand projet de ville. On estime que le terrain recyclé – sans compter l’incidence souvent rédhibitoire de la dépollution – revient aujourd’hui à plus de dix fois le prix du terrain aménagé sur l’espace agricole. Qui va payer la différence ? »

(1) Lille, Roubaix, Tourcoing, Wattrelos et Hem

PHOTOS :

Projet de la future place de Fives, à Lille (Nord-Sud paysages) et le nouveau cinéma de Roubaix, récemment inauguré.

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