Architecture Technique Génie civil

Grand ménage sur un barrage

Mots clés : Ouvrage d'art - Travaux publics

Un batardeau définitif permettra la maintenance des conduits de fond sans assécher le lac artificiel de Guerlédan en Bretagne.

Le paysage est lunaire : d’une superficie de 300 ha et d’une profondeur de 40 m, le lac artificiel de Guerlédan, sur le cours d’eau du Blavet en centre Betagne, s’est transformé en espace désertique et mystérieux. Objectif de la vidange : vérifier les 5 500 m² de génie civil qui constituent la façade amont du barrage et construire un batardeau définitif. « Avec ce dispositif, nous espérons ne plus avoir recours à la vidange totale du lac. En 2025 [la réglementation impose un examen complet tous les dix ans, NDLR], nous descendrons inspecter les conduits sans vidanger », résume Olivier Le Bras, directeur de l’usine hydroélectrique mise en service en 1929.

Pour l’heure, un batardeau provisoire de 8,50 m de hauteur est installé devant le conduit situé rive gauche. « Nous procédons aux travaux de désamiantage et de peinture de ce conduit pendant que celui de la rive droite permet l’écoulement de la rivière Blavet », détaille le responsable. Au terme de cette opération, le conduit rive gauche sera libéré et les entreprises recommenceront l’opération côté rive droite.
Quant au batardeau définitif, il sera réalisé en acier et aura la forme d’un mur de 2,75 x 2,75 m qui se positionnera sur les rails d’une grille préalablement installée. Un essai à sec a été effectué en fin d’été et l’installation définitive aura lieu en fin d’année, après la remise en eau du barrage. « Une grue sur barge, guidée par un plongeur à 40 m, viendra descendre le batardeau sur le support », complète Olivier Le Bras.

Nettoyage et réparation.

Parallèlement, le nettoyage de la paroi amont du barrage a débuté. D’une longueur en crête de 230 m, l’édifice est large de seulement 1,50 m. Aussi, côté aval, une passerelle provisoire soutenue par 40 tonnes d’échafaudage, a-t-elle été installée. « Elle est dédiée aux déplacements des opérateurs. Le sommet du barrage est réservé aux apports de matériel », explique Olivier Le Bras. Sur la rive droite, une petite route dessert la crête du barrage. Le matériel est acheminé ensuite grâce à deux treuils fixés de part et d’autre de l’ouvrage.

Le long de la paroi, quatre nacelles mobiles accueillent chacune un technicien et un conducteur. Le nettoyage réalisé à haute pression permet de détecter les éventuelles dégradations. « Pour l’instant, c’est conforme à ce que nous attendions », se félicite le directeur. Il est vrai que tous les quinze jours, un technicien explore les 466 m de galeries du barrage et contrôle les drains positionnés tous les 2,5 m pour récupérer les éventuelles fuites. « Pendant la vidange, nous allions chaque semaine vérifier que l’ouvrage résistait bien », se souvient Olivier Le Bras. En fin d’année, le site sera remis en eau et la production d’électricité, équivalente à celle consommée par une ville de 15 000 habitants, reprendra. En 2008, l’Etat a renouvelé la concession pour quarante ans.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : EDF, unité de production Centre. Maître d’œuvre : EDF, centre d’ingénierie hydraulique (antenne de Brive). Coût du chantier : 4 millions d’euros HT. Génie civil : GTS avec en cotraitance Barazer TP. Conduites forcées : Hydropipe-Ortec avec en cotraitance Freyssinet. Batardeau pérenne : Timolor.

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